Des migrants secourus par les forces britanniques dans la Manche. Crédit : Picture alliance
Des migrants secourus par les forces britanniques dans la Manche. Crédit : Picture alliance

Une importante filière irako-kurde de passeurs a été démantelée dans le nord de la France, a annoncé jeudi le patron de l’Office central spécialisé dans la lutte contre l’immigration irrégulière (Ocriest). Le réseau faisait passer des migrants vers la Grande-Bretagne via la Manche. Cette opération a conduit à la plus grosse saisie de matériels nautiques jamais réalisée en France.

Une opération de grande ampleur a été menée dans le nord de la France, a annoncé jeudi 22 septembre le patron de l’Office central spécialisé dans la lutte contre l’immigration irrégulière (Ocriest). Une importante filière irako-kurde de passeurs de migrants a été démantelée près de Lille.

Les enquêteurs ont découvert lundi "une vraie usine à fourniture de matériels nautiques", a précisé Xavier Delrieu. Il y avait "13 bateaux pouvant transporter 50 migrants chacun, 14 moteurs de bateaux, 700 gilets de sauvetage, une centaine de gonfleurs, 700 litres de carburant", a ajouté le chef de l’Ocriest.

Au cours de cette opération, sept personnes ont été interpellées, quatre hommes et trois femmes. Six ont été déférées jeudi devant la justice, une femme ayant été remise en liberté. Trois hommes sont irako-kurdes, les autres sont français.

"80 000 euros par traversée"

D’après les enquêteurs, les passeurs ont réalisé depuis l’été 80 traversées, dont 50 réussies. Les trafiquants empochaient "80 000 euros par traversée".

L’enquête a débuté en janvier sur la base d’un renseignement néerlandais parvenu à l’Uro, l’unité de renseignement opérationnel franco-britannique mise en place pour lutter contre les filières de passeurs en coordination avec Europol et plusieurs pays (Belgique, Pays-Bas, Allemagne).

Il s’agissait d’un contrôle à la frontière entre l’Allemagne et les Pays-Bas de jeunes de nationalité française, qui acheminaient des bateaux. Ces "small boats" provenaient d’Allemagne, transitaient par les Pays-Bas pour arriver ensuite sur le littoral nord-ouest de la France.

Les enquêteurs sont ensuite parvenus à l'entrepôt implanté près de Lille et à l'opération déclenchée lundi à la faveur d'un nouvel arrivage de bateaux en provenance d'Allemagne.

Le démantèlement de cette filière intervient alors que le cap des 30 000 arrivées au Royaume-Uni a été atteint cette année. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Sur l'ensemble de l'année 2021, un peu plus de 28 000 personnes avaient rejoint les côtes britanniques par la Manche. C'était déjà un record, avec trois fois plus d'arrivées qu'en 2020. Et ce alors que le gouvernement britannique a fait de la lutte contre les traversées en "small boats" l’une de ses priorités.

 

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