Les conditions de vie des exilés hébergés à Manston avaient été décrites comme "misérables" et choquantes par de nombreux observateurs. Crédit : picture alliance
Les conditions de vie des exilés hébergés à Manston avaient été décrites comme "misérables" et choquantes par de nombreux observateurs. Crédit : picture alliance

Le centre d'accueil de Manston, dans le sud du Royaume-Uni, est désormais vide. La structure a été évacuée après s'être retrouvée à plusieurs reprises au cœur de polémiques ces dernières semaines en raison de la surpopulation des lieux et des conditions de vie des exilés.

Il était depuis plusieurs semaines au cœur d'une polémique sur les conditions de vie des exilés qui y vivaient. Le centre d'accueil de migrants de Manston, dans le sud-est de l'Angleterre a finalement été totalement évacué, a indiqué, mardi 22 novembre, le gouvernement britannique.

"Il n'y a en ce moment aucune personne logée sur le site et des améliorations continuent d'être faites pour (...) traiter les migrants en toute sécurité", a précisé mardi dans un communiqué un porte-parole du gouvernement.

Le centre, situé dans le Kent, regroupe les migrants qui arrivent au Royaume-Uni par la Manche sur de petites embarcations. Avec l'accroissement du nombre des traversées - plus de 42 000 depuis le début de l'année, un record -, il était devenu surpeuplé.

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Plus de 4 000 personnes y étaient hébergées jusqu'à il y a quelques semaines pour une capacité de 1 600 places, et des élus et des associations ont dénoncé des conditions sanitaires catastrophiques et une durée des séjours qui s'étirait, dans ce qui est pourtant censé être un centre de transit.

Lettre de détresse

L'image d'une jeune migrante courant vers les grilles du centre pour remettre une lettre poignante à des journalistes, dans laquelle elle dénonçait les conditions de séjour, a fait la une des médias le mois dernier.

"On ne se sent pas bien", alertait la jeune autrice de la lettre. "Certains d'entre nous sont très malades", poursuivait-elle dans un anglais approximatif. "On est comme en prison. On n'a pas de téléphone, pas d'argent [...] On veut vous parler mais ils ne nous laissent même pas sortir", disait-elle encore. La jeune femme soulignait également qu'elle est loin d'être la seule mineure du centre : "Il y a beaucoup d'enfants ici. Ils ne devraient pas être ici. Ils devraient être à l'école, pas en prison."

Un homme qui était hébergé dans le centre est également mort samedi, à l'hôpital. Il avait été hospitalisé après s'être "senti mal". La cause de son décès n'a pas été rendue publique.

La ministre de l'Intérieur Suella Braverman a été jugée responsable de la situation dans le centre surpeuplé. Selon la presse britannique, elle aurait cherché à limiter le recours à des hôtels pour accueillir ces migrants, ignorant les avertissements de responsables de son ministère sur le caractère illégal d'un tel blocage, ce qu'elle a démenti.

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"Centre de détention temporaire"

La polémique a été telle que le ministère a annoncé son intention de reloger rapidement les migrants dans des hôtels. "Manston est conçu pour être un centre de détention temporaire", a indiqué mardi un porte-parole du Premier ministre. "À l'évidence, il y avait des défis urgents, particulièrement après l'attaque d'un autre centre, qui avait fait grimper le nombre" de personnes accueillies, a-t-il ajouté.

Un autre centre d'accueil, près de Douvres, a en effet été attaqué par des jets d'engins incendiaires fin octobre. À la suite de cet incident, les occupants du centre avaient été transférés vers celui de Manston. La police a, par la suite, qualifié cette agression d'acte terroriste.

Le Royaume-Uni fait face à un afflux record de migrants arrivant par la Manche depuis le début de l'année, mais aucune arrivée n'a été détectée par le ministère de la Défense ces sept derniers jours.

Pour tenter d'enrayer ces arrivées, Londres a signé mi-novembre un nouvel accord avec la France afin de renforcer les moyens dédiés à la lutte contre l'immigration illégale entre les deux pays.

 

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