Credit : Wesley Dockery
Credit : Wesley Dockery

A Berlin et Hambourg, des jeunes réfugiés et Allemands ont monté ensemble une comédie musicale. La première représentation est prévue en octobre. Le projet a surtout pour but d'aider les réfugiés à retrouver confiance en eux.

On a beau être au mois d’août, il pleut à Berlin. Sauf dans cette salle où des jeunes venus de Syrie, d’Afghanistan et d’Allemagne sont en train de répéter une chanson sur le retour du printemps. Au piano pour les accompagner, un chef de chœur afro-américain. Todd Fletcher. L’enthousiasme se lit sur son visage.

Bienvenue à une répétition de la chorale "Welcome Voices", un projet associatif de l’organisation PluralArts pour aider les migrants à réussir leur intégration par le chant.

"Welcome Voices" combine les talents de deux artistes. L’un vient de Berlin, l’autre de Hambourg. La chorégraphe Kathlyn Pope et le compositeur et fondateur Todd Fletcher. Ce dernier a eu l’idée de créer cette chorale en 2015, après avoir visité plusieurs centres d’accueil de réfugiés. Il s’est engagé bénévolement pour donner des cours d’intégration, mêlant apprentissage de l’allemand et de la musique. De fil en aiguille, le compositeur a fini par se lancer dans une adaptation musicale de la ballade "Die Bürgschaft" composée par l’écrivain allemand Friedrich Schiller. Todd Fletcher s’occupe de la partie chant. Kathlyn Pope se charge de la partie danse.

La chorgraphe Kathlyn Pope en pleine rptition

"Tout marche à merveille. Je me suis fait de nouveaux amis ici, ils sont très gentils. Il suffit juste d’être ouvert", raconte Fazi, l’un des participants afghans. Il est arrivé en Allemagne il y a un an et demi. "L'alchimie entre les Allemands et les réfugiés, c’est quelque chose d’extraordinaire", explique-t-il. Fazi souhaite faire des études de musique ou de sciences politiques dans une université allemande. Mais pour le moment, il espère surtout pouvoir continuer Welcome Voices jusqu’aux premières représentations en octobre.

"Sur le plan personnel, il faut encore que j’améliore mon allemand et que je me fasse de nouveaux amis", confie de son côté Mohammad, un autre participant. "Ils sont comme une famille pour moi. J’ai laissé les miens en Syrie et maintenant je réalise que j’ai une nouvelle famille ici," affirme cet ancien habitant d’Alep.

Côté allemand, même enthousiasme. "J’aime le travail en groupe et j’aime aussi danser et faire du théâtre. Et là, tout est combiné, donc c’est vraiment génial", commente Marie, l’une des participantes. Elle a rejoint le projet en début d’année, après avoir vu des affiches dans son école. "J’aime beaucoup être ici. Je trouve ça chouette d’être avec des Afghans", déclare en souriant Erich, un autre Allemand.

Un objectif commun

"Ce que nous voulons, c’est les encourager à s’accomplir", explique Lukas Seel à InfoMigrants. Directeur général de l’organisation PluralArts, c’est lui qui gère "Welcome Voices", en collaboration avec l’Ordre de Malte, une association catholique qui met des locaux à disposition pour les répétitions. "Ce sont encore des enfants et nous voyons en eux un énorme potentiel."

En intégrant les réfugiés dans l’élaboration d’une comédie musicale, l’organisation souhaite surtout leur donner confiance en eux pour qu’ils puissent mieux affronter les défis de la vie en Allemagne. Selon Lukas Seel, le fait de sortir les réfugiés des centres d’accueil leur permet, à terme, de mieux exploiter les opportunités pédagogiques et professionnelles qu’offre l’Allemagne. 

Muhammad Syrien espre que ses amis vont rejoindre le projet

Quand on lui demande si le projet rencontre aussi des obstacles, Lukas Seel répond : "La clef, c’est d’avoir un objectif commun en tête. Quand il y a un objectif commun, vous pouvez surmonter n’importe quel obstacle. Vous n’avez d’ailleurs pas le choix si vous voulez pouvoir créer quelque chose."

L’intégration par l’art, des programmes variés

"Welcome Voices" n’est que l’un des nombreux programmes artistiques proposés par l’Allemagne. Depuis 2015, le pays a accueilli plus d’un million de réfugiés et est constamment à la recherche de solutions pour faciliter l’intégration de ces nouveaux venus.

En Bavière, par exemple, le projet "Intégration par la musique" permet à des musiciens réfugiés d’intégrer un orchestre. Dans la région du Schleswig-Holstein, dans le nord de l’Allemagne, l’école Walther-Lehmkuhl propose aux réfugiés mineurs non accompagnés des cours de hip hop.

 

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