REUTERS/Antonio Parrinello | Un médecin de MSF avec un enfant secourus en mer débarque à Pozzallo, en Sicile, en avril 2016.
REUTERS/Antonio Parrinello | Un médecin de MSF avec un enfant secourus en mer débarque à Pozzallo, en Sicile, en avril 2016.

Les ONG qui interviennent pour porter secours aux milliers de personnes qui tentent quotidiennement de rejoindre l’Europe par la mer sont soumises depuis une semaine à un "code de conduite" imposé par les autorités italiennes. Médecins sans frontières (MSF) regrette d’avoir à "se justifier " de palier une "défaillance" des États membres l’Union européenne.

La polémique ne s’éteint pas. Depuis une semaine, l’Italie impose un "code de conduite" aux ONG qui interviennent en Méditerranée. Ce code prévoit notamment la présence à bord de chaque navire de sauvetage humanitaire d’un policier italien. Il interdit également tout transfert de personnes rescapées d’un navire à l’autre.

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Les ONG sont divisées. Sur les huit qui opèrent actuellement, trois seulement ont signé le code de conduite italien, les autres s’y refusant pour l’instant. "Ce code de conduite a vocation à réduire finalement les interventions en mer des ONG, alors que c’est la vocation d’une ONG, en particulier de MSF qui est une ONG médicale", explique Corinne Torre, chef de mission France pour MSF, qui intervient en Méditerranée depuis 2015 "parce qu’il n’y avait pas assez de bateaux pour effectuer les sauvetages".

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Pour cette porte-parole de MSF, "faire courir une rumeur que les ONG, finalement, deviennent dangereuses en mer Méditerranée, c’est un non-sens". Corinne Torre juge par ailleurs que ce code de conduite donne "le sentiment que l’on doive absolument se justifier de faire des opérations de sauvetage pour sauver des vies, alors que la problématique est plutôt de comprendre pourquoi nous sommes obligés d’intervenir en mer Méditerranée".

Elle insiste également sur le fait que les ONG pallient "une défaillance des États membres de l’Union européenne, qui ne mettent pas assez en œuvre des politiques de sauvetage".

Texte initialement publié sur : RFI

 

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