© REUTERS/Charles Platiau | Des migrants à Calais (France), en septembre 2016.
© REUTERS/Charles Platiau | Des migrants à Calais (France), en septembre 2016.

La question migratoire a envahi le champ politique. C’est vrai en France, où c’est une thématique récurrente du Front national. C’est le cas aussi en Allemagne, où la chancelière Angela Merkel durcit le ton contre les immigrés clandestins. C’est également le cas aux Etats-Unis, où Donald Trump fait la chasse aux migrants illégaux et donne les pleins pouvoirs à la police. L’un des principaux arguments de ces politiques, c’est que la présence des immigrés contribue à faire augmenter le chômage, et coûte cher au pays qui les accueille. Les économistes s’expriment rarement sur cette question à laquelle ils consacrent pourtant de nombreuses recherches. "Eco d’ici Eco d’ailleurs" en reçoit aujourd’hui trois pour approfondir le sujet.

- El Mouhoub Mouhoud est professeur d'Economie à l'Université Paris-Dauphine, spécialiste de la mondialisation et des migrations internationale. Il publie aux éditions Fayard un livre intitulé «L'immigration en France, mythes et réalités».

- Flore Gubert dirige le département Sociétés de l'IRD et est chercheuse au DIAL, un laboratoire de recherches sur la mondialisation et le développement. C’est une spécialiste des questions migratoires. Un de ses derniers travaux pour le compte de l'OCDE s'intitule «Est-ce que l'Union européenne est attractive pour les migrants potentiels?».

- Jean-Christophe Dumont dirige la Division des migrations internationales à l'OCDE

Reportages diffusés pendant l'émission 


1 / Les immigrés, une main-d’œuvre bon marché en Turquie 

En Turquie, les Syriens sont officiellement plus de 2,7 millions. Moins de 10% d’entre eux vivent dans des camps. La grande majorité se débrouille seule et doit gagner son pain pour survivre. Une main-d’œuvre bon marché parfois perçue comme une concurrence déloyale par les Turcs, surtout dans un contexte de déclin économique à la suite de la tentative de coup d’Etat. Si ces migrants peuvent contribuer à l’enrichissement du pays, les mesures concrètes d’intégration manquent encore. Ecoutez ce reportage Eco d'ici Eco d'ailleurs signé Camille Lafrance à Istanbul.   

 


2/ En Allemagne, l’apprentissage de la langue avant l’emploi
L'économie allemande a été dopée par l'arrivée des réfugiés syriens. Grâce à leur présence, ce sont des chiffres officiels, le Produit Intérieur Brut a connu une croissance d'un 1/2% de plus que ce qui était prévu, en 2016. 140.000 demandeurs d'asile, arrivés de longue date dans le pays, ont trouvé un emploi. Mais, l'intégration sur le marché du travail sera longue et semée d'embûches pour les derniers arrivés, qui sont 340 000 à chercher un poste. Ils doivent d'abord apprendre l'allemand. C'est un reportage Eco d'ici Eco d'ailleurs signé Nathalie Versieux à Berlin.                                                                                                                                                             


3 / Les regrets des agriculteurs californiens
Aux Etats-Unis, après ses promesses de campagne, Donald Trump est passé aux actes. Il vient de renforcer la politique de contrôle des étrangers. Tout migrant, d'abord clandestin, qui pourrait présenter un danger pour la sécurité nationale aux yeux des officiers de police pourra être expulsé. Ces mesures inquiètent dans la Central Valley en Californie. La région est le jardin potager des Etats-Unis, et les agriculteurs blancs commencent à regretter d’avoir voté Donald Trump. Ecoutez ce reportage Eco d'ici Eco d'ailleurs signé Nicolas Champeaux à Central Valley.

 

 

 

Texte initialement publié sur : RFI

 

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