Image d'illustration de la mer Méditerranée. Crédit : InfoMigrants
Image d'illustration de la mer Méditerranée. Crédit : InfoMigrants

Depuis le début du mois d’août, un peu plus de 130 personnes originaires de Syrie et d’Irak ont été interceptées en mer Noire par les autorités roumaines. Bucarest redoute que la Mer noire ne devienne un nouveau trajet pour les personnes cherchant à gagner l’Europe depuis la Turquie.

En seulement huit jours, deux embarcations de migrants ont été interceptées en mer Noire, près de la côte roumaine. Dimanche 20 août, 68 personnes - dont 23 enfants - à bord d’un bateau de pêche ont été secourues en mer et escortées jusqu’au port de Mangalia en Roumanie pour une prise en charge médicale avant d’être confiées aux autorités de l’immigration. Une semaine plus tôt, 69 migrants avaient déjà été récupérés dans les eaux territoriales roumaines. Ces derniers seraient originaires de Syrie et d’Irak et auraient embarqué en Turquie.

La traversée de la Mer noire – pour rejoindre la Roumanie depuis la Turquie - serait-elle en train de devenir le nouveau passage des migrants pour atteindre le continent européen ? C’est en tout cas ce que redoute Bucarest qui avait jusque-là était épargnée par l’afflux migratoire.

"Anciens passages réactivés"

"Il est trop tôt pour parler de nouvelle route migratoire. Mais si la voie libyenne se ferme encore un peu plus, d’anciens passages seront évidemment réactivés", assure François Gemenne, chercheur en sciences politiques à l'Université de Liège en Belgique, contacté par InfoMigrants. Le passage de la Turquie vers la Roumanie était en effet déjà emprunté au début des années 2000, avant que la Roumanie n’entre dans l’Union européenne et que ses frontières soient mieux contrôlées.

Les obstacles qui sont apparus sur les traditionnelles routes migratoires (route des Balkans fermée, enfer libyen) associés à l’accord UE-Turquie, signé l’an dernier, ont obligé les trafiquants à s’adapter en cherchant de nouvelles routes.

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"Dès qu’on ferme une route quelque part, une autre se crée. C’est systématique", précise de son côté Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des migrations internationales. Il reste toutefois difficile de transiter par la Turquie, ajoute-t-elle : "Depuis l’accord UE-Turquie, les contrôles se sont considérablement durcis dans le pays. Et ce n’est pas évident de traverser la Turquie sans être intercepté et placé en centre de rétention".

 

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