RFI / Benjamin Delille | Des migrants à Tarifa, à l'extrême sud de l'Espagne.
RFI / Benjamin Delille | Des migrants à Tarifa, à l'extrême sud de l'Espagne.

Emmanuel Macron organise lundi après-midi à l'Elysée une rencontre entre chefs de gouvernement européens et dirigeants africains pour tenter de conjuguer les efforts face à la crise migratoire. Cette réunion arrive alors que l'Espagne connaît un regain dans l'afflux de migrants en provenance du Maroc. Ils sont plus de 9 000 à être entrés sur le territoire espagnol en 2017. Et parmi eux, un nombre record de mineurs non accompagnés.

Avec notre envoyé spécial à Tarifa, Benjamin Delille

En Espagne, les migrants en situation irrégulière sont envoyés dans des centres d'internement pour étrangers. Mais lorsqu'ils sont mineurs, ils doivent être pris en charge dans un centre adapté. Une prise en charge de plus en plus compliquée, selon Anabel Quiros de l'association Algeciras Acoge.

« Il arrive une telle quantité de mineurs que les centres de la région de Gibraltar sont saturés, explique-t-elle, les mineurs n'y rentrent plus. Ils ont dû habiliter un camping, à Tarifa, avec des tentes, pour y faire vivre des mineurs étrangers. Il y a un manque de moyen total du gouvernement espagnol pour faire face à cette situation. »

Mineurs parqués

Et pour cause, ce centre improvisé dans un camping de Tarifa est totalement inaccessible. Il est plus ou moins caché par des bâches à quelques mètres d'une des plages les plus prisées de la station balnéaire. Les mineurs ne peuvent pas sortir de la zone qui leur est dédiée afin d'éviter tout contact avec les touristes.

Sur ce sujet, Agustin Muñoz, le représentant du gouvernement en Andalousie, botte en touche : « Cela relève de la compétence de la communauté autonome d'Andalousie. Il est nécessaire d'avoir des installations de protection des mineurs, quelques soient ces installations. L'important c'est de s'en occuper. »

Un problème qui ne devrait pas aller en s'arrangeant, car contrairement aux adultes, les mineurs restent le plus longtemps possible dans ces structures d'accueil.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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