Des migrants dans le parc Maximilien, à Bruxelles, en 2016. Crédit : Médecins du Monde / Kristof Vadino
Des migrants dans le parc Maximilien, à Bruxelles, en 2016. Crédit : Médecins du Monde / Kristof Vadino

Environ 500 migrants dorment dans un parc de la capitale belge, Bruxelles, dans l’espoir d’atteindre l’Angleterre. Les associations s’inquiètent d’une augmentation des arrivées à l’approche de l’hiver.

"Il faut agir pour éviter un Calais bruxellois", écrivait mi-juillet l’ONG Médecins du Monde (MdM) en Belgique - en référence au gigantesque bidonville démantelé fin 2016 en France. Depuis, rien n’a changé dans la capitale belge où environ 500 migrants dorment chaque soir dans le parc Maximilien à Bruxelles.

En 2015, au plus fort de la crise migratoire, ils étaient près de 1 500 à s’être installés dans les rues du quartier proche de la Gare du Nord mais depuis, le flux s’était tari. Début juillet, les arrivées se sont pourtant multipliées. "Le nombre varie souvent mais en général on compte entre 100 et 150 personnes", explique à InfoMigrants Pierre Verbeeren, directeur de MdM Belgique. "Aujourd’hui, le chiffre a plus que triplé", constate-t-il.

Rêve d’Angleterre

Comme à Calais, la majorité des migrants du parc Maximilien rêve d’Angleterre et ne veut pas demander l’asile en Belgique. 

Originaires pour la plupart du Soudan et d’Érythrée, certains sont arrivés après le démantèlement de la "jungle" de Calais en novembre 2016, d’autres sont passés par des Centres d’accueil et d’orientation (CAO) en France avant de fuir vers la Belgique, et d’autres encore viennent de la région de Dunkerque, dans le Nord de la France, ou directement d’Italie. "L’absence de solutions en France les pousse à fuir l’hexagone", note Pierre Verbeeren. "Les passages depuis Calais étant de plus en plus compliqués, ils tentent leur chance depuis la Belgique".

"L’État ne fait rien"

Pour les autorités, le désir d’Angleterre, et dans le même temps le refus de demander l’asile en Belgique, est synonyme d’obligation de quitter le territoire. La police empêche donc les migrants de s’installer. "Il y a encore 15 jours, les forces de l’ordre les chassaient. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas mais les migrants sont quand même réveillés chaque matin par la police qui leur enlève le bout de carton sur lequel ils dorment", détaille Pierre Verbeeren.  

Les associations organisent chaque jour des maraudes et des distributions de sacs de couchage et de nourriture pour pallier l’absence de l’État. Trois ou quatre bénévoles de Belgium Kitchen distribuent chaque soir des repas mais selon le directeur de MdM, le nombre de migrants présents est si élevé que beaucoup d’entre eux ne font même pas un repas par jour.

Lors de ses maraudes, Médecins du monde soignent les malades et blessés : un quart a des fractures ou des entorses et deux cas de tuberculose ont été détectés, faute de douches à disposition et une hygiène déplorable. "L’État ne fait rien, alors on fait ce qu’on peut. Mais c’est aux autorités sanitaires de s’en occuper, pas à nous", peste Pierre Verbeeren.

"Le chiffre va doubler pendant l’hiver"

Les humanitaires dénoncent également le manque d’informations apportées à ces personnes. Certains mineurs non accompagnés ne savent même pas qu’il existe un statut spécifique de protection pour eux en Belgique. "Si l’État garantit une information neutre et objective, il n’est pas impossible que la majorité d’entre eux aillent dans des centres", selon le directeur de MdM Belgique. Un souhait formulé depuis un moment par les associations qui réclament l’installation de structures gérées par la Croix-Rouge ou la mise en place de CAO, "pour que les migrants puissent se poser".

D’autant que tous redoutent une augmentation des arrivées à l’approche de l’hiver. "Il est fort probable que ce chiffre de 500 personnes double pendant l’hiver", estime Pierre Verbeeren qui s’agace du manque d’action gouvernemental : "C’est quand même pas compliqué de trouver des solutions pour 500 personnes !"

 

Et aussi