À Calais, des migrants attendent les distributions de nourriture, le 23 août 2017. Crédit : Reuters
À Calais, des migrants attendent les distributions de nourriture, le 23 août 2017. Crédit : Reuters

La préfecture du Pas-de-Calais va finalement installer des douches pour les migrants de Calais, conformément à la décision du Tribunal administratif et du Conseil d'État. 19 douches seront mises en place d'ici une dizaine de jours.

La préfecture du Pas-de-Calais a annoncé vendredi 8 septembre la mise en place sous une dizaine de jours de 19 douches pour les migrants de Calais, contraints jusqu’alors de se doucher dans des installations de fortune. "Afin d’éviter que ces installations ne conduisent à la création d’un nouveau campement, ces douches seront accessibles par un système de navettes", qui transporteront les migrants "vers un site en périphérie de Calais", a indiqué la préfecture dans un communiqué.

"Cette décision va dans le bon sens"

Ce dispositif, géré par l’association La Vie active, "sera ouvert 4 jours par semaine" et "ajusté en fonction de la fréquentation". La préfecture souligne que cette initiative va "au-delà de ce qui a été demandé par le juge des référés" du tribunal administratif de Lille. Celui-ci avait en effet ordonné le 26 juin dernier la mise en place de points d’eau et de latrines, ainsi que des douches pour les « plus vulnérables » seulement. L’État avait fait appel, mais le Conseil d’État avait confirmé le 31 juillet l’ordonnance du tribunal administratif.

Les migrants les plus vulnérables, en particulier les malades, pouvaient se doucher à la Pass (Permanence d’accès aux soins de santé), un préfabriqué posé sur un parking près de l’hôpital de Calais. Mais sur le terrain, les quelques 700 migrants qui errent dans le coin se lavent comme ils peuvent, dans une évacuation d’eau usée d’une usine chimique, chez l’habitant ou à une douche mobile confectionnée par l’association l’Auberge des migrants.

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"Cette décision va dans le bon sens", s’est félicité à InfoMigrants Christian Salomé, président de l’Auberge des migrants. "Mais nous demandons aussi des abris pour les migrants, ou du moins qu’on arrête de détruire ceux existants", tempère-t-il. Christian Salomé souhaite également que ce dispositif soit élargi à Grande-Synthe et espère ainsi éviter "de passer une nouvelle fois devant le Tribunal administratif".

Le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, rencontrera lundi 18 septembre le ministre de l’Intérieur pour demander l’aide de l’État dans l’éventuelle réouverture du camp humanitaire de La Linière. "Je ne veux pas être un jour condamné par la justice pour n’avoir rien fait ! Si à l’issue de ce rendez-vous avec Gérard Collomb, l’État ne prend pas de décision, j’en prendrai une", a déclaré l'édile au quotidien La Voix du Nord.