La tête en Europe mais les deux pieds au Sénégal / DW
La tête en Europe mais les deux pieds au Sénégal / DW

Souvent sans papiers, les candidats au départ doivent affronter de fréquentes tracasseries administratives. Ils se voient aussi refuser l’accès aux soins ou à l’éducation de leurs enfants quand ils ne sont pas rattrapés par la justice.

De part sa situation géographique, le Sénégal est sur le chemin de l’Europe. Beaucoup de candidats à la migration passent par ce pays avant de poursuivre leur route. Mais certains Africains de la sous-région ou du continent arrivent sans papiers. Une situation qui les expose à de nombreuses tracasseries administratives.

"Après avoir quitté leur pays, les migrants se débarrassent souvent de leur papiers," explique Amadou Tall, magistrat et membre du comité des Nations unies pour la protection des droits des migrants. "Une fois arrivés dans le pays de transit ou le pays de destination, ils ont alors des problèmes d’accès à l’Etat civil. Quand ils sont en famille, ils ont des problèmes d’accès à l’éducation pour leurs enfants et des problèmes d'accès aux soins de santé," confie le magistrat à la Deutsche Welle.

Me Pape Sene prsident du comit sngalais des droits de lHomme

Les lois de la justice

En situation irrégulière, ces migrants sont vulnérables. Ils sont souvent arrêtés et traduits en justice sans pour autant bénéficier d’un droit à la défense.

"Effectivement, il est arrivé que des migrants venant de pays voisins comme la Guinée ou le Cap Vert et qui essaient de transiter par le Sénégal connaissent un certain nombre de problèmes parce qu'ils sont en situation irrégulière," dit Me Pape Sène, président du comité sénégalais des droits de l’Homme. "Ils sont abandonnés à eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas les rudiments nécessaires pour pouvoir au moins accéder à la justice. Ils n’ont pas d'interlocuteurs, pas de représentations diplomatiques, pas d'autorités étatiques pour les orienter," dit-il.

Des actions judiciaires sont engagées à leur encontre et se soldent parfois par leur incarcération. Le juge Amadou Tall s’en désole : "Aujourd’hui, au Sénégal, on peut toujours emprisonner quelqu’un parce qu’il est en situation irrégulière. Ce n’est pas conforme aux dispositions de la Convention internationale sur les droits des migrants," rappelle-t-il.

Sans-papiers les migrants sont souvent abandonns  eux-mmes

Une protection minimale garantie?

Malgré tout, le Sénégal n’est pas un si mauvais élève en matière de droits des migrants. C’est du moins l’avis d’Andrea Orbi. Il est spécialiste en migration et droit international et explique que "le Sénégal, du point de vue de l’intégration des migrants, est quand même assez protecteur."

Pour endiguer les difficultés, les fondations Friedrich Neumann et René Cassin ont récemment organisé une session de formation à Dakar afin de mieux former les magistrats et les avocats sur la question sensible du droit des migrants.

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