AFP/Laurie Dieffembacq | Un nouveau village de tentes est apparu cet été dans le parc Maximilien de Bruxelles (illustration).
AFP/Laurie Dieffembacq | Un nouveau village de tentes est apparu cet été dans le parc Maximilien de Bruxelles (illustration).

La Belgique a fait venir une délégation officielle du Soudan afin d'identifier les migrants en situation irrégulière. Une situation qui déclenche une vaste polémique dans le royaume où le gouvernement est accusé de collaborer avec un régime dirigé par le seul chef d'État en exercice jamais placé sous mandat d'arrêt par le Tribunal pénal international.

Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet

Le 6 septembre, la police fédérale belge a arrêté dans le parc Maximilien de Bruxelles 180 migrants, essentiellement des Erythréens et des Soudanais. Une vaste opération que le secrétaire d'Etat chargé de l'Asile et des Migrations a qualifiée de « nettoyage ». Théo Francken n'en est pas à sa première bourde ou provocation et ses propos ont suscité la polémique.

Une polémique qui enfle depuis l'arrivée d'une délégation soudanaise à Bruxelles chargée d'identifier les migrants d'origine soudanaise et de délivrer à ceux qui ne demandent pas l'asile en Belgique un laissez-passer pour retourner au Soudan. C'est le cas le plus fréquent, car la plupart cherchent à rejoindre l'Angleterre.

La présence de cette délégation a provoqué une véritable levée de boucliers des partis d'opposition et des ONG. Ils accusent le gouvernement belge de collaborer avec un régime dictatorial. Des voix s'élèvent pour affirmer que les membres de la délégation soudanaise font partie des services secrets et que les migrants retournant au Soudan risquent la torture. Le Premier ministre Charles Michel est désormais attendu au Parlement pour un débat sur la question.

Depuis 2015, les migrants affluent à Bruxelles et se rassemblent autour de l'Office des étrangers, le service public chargé de l'examen des demandes d'asile. Cet été, dans le parc Maximilien tout proche, un village de tentes est à nouveau sorti de terre, au grand dam des autorités belges qui veulent à tout prix éviter que se reproduise au centre de Bruxelles ce qui a été surnommé en Belgique une jungle de Calais bis.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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