Image d'archives de migrants à Calais qui attendent les distributions de nourriture, en août 2017. Crédit : Reuters
Image d'archives de migrants à Calais qui attendent les distributions de nourriture, en août 2017. Crédit : Reuters

Alors que les associations réclamaient depuis des mois l’installation de douches pour les migrants présents à Calais, la préfecture en a installé 14 mercredi dans un hangar à la périphérie de la ville.

C’était une des priorités des associations d’aide aux migrants actives dans le nord de la France : l’installation de douches pour les quelques 700 migrants qui errent à Calais et dans les environs. La préfecture du Pas-de-Calais avait dans un premier temps refusé un tel dispositif, qui conduisait selon elle à créer des points de fixation. Mais les associations avaient saisi la justice qui a ordonné fin juin la mise en place de points d’eau, de latrines et de douches.

C’est enfin chose faite. Mercredi 20 septembre, 14 douches étaient opérationnelles sur les 28 installées par la préfecture dans un hangar à la périphérie de la ville de Calais, face aux locaux du Secours catholique. Des kits d’hygiène et des serviettes sont également fournis aux migrants. Pour y accéder, ces derniers doivent emprunter une navette d’une capacité de vingt et une personnes, qui les ramène ensuite au point de départ. "Un minibus vient les récupérer entre 9h et 12h30 au rond-point de l’hôpital et rue des mouettes [près de l’ancienne "jungle"]", précise à InfoMigrants Vincent de Coninck, chargé de mission pour le Secours catholique du Pas-de-Calais.

Environ 70 douches par jour

Le dispositif, géré par l’association la Vie active, fonctionne de 9h à 13h, la première heure étant réservée aux personnes vulnérables à savoir les femmes et les enfants. Les migrants ont cinq à six minutes pour profiter des douches. "Selon nos calculs, cela revient à environ 150/200 douches par jour. Au vu du nombre de migrants présents à Calais, cela fait une douche par semaine par personne. C’est trop juste", constate Gilles, bénévole du Secours catholique. Mercredi et jeudi, le système étant encore en rodage, seulement 140 migrants ont pu se doucher, soit 70 par jour selon Vincent de Coninck. "Il faut fluidifier le dispositif mais c’est normal qu’au début ça prenne un peu de temps", tempère-t-il.

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Les migrants qui ont eu la chance d’en profiter se disent ravis de se sentir propre. "Cela rend notre condition d’attente un peu moins pénible", confie Fawad Khan, un jeune afghan interviewé par l’AFP. Vincent de Coninck estime toutefois qu’il y a un vrai problème d’information. "Beaucoup de migrants ne savent pas encore qu’ils peuvent aller se doucher ou qu’il faut prendre la navette", constate-t-il. Certains ont aussi peur que ce soit un piège pour être renvoyés à la frontière ou dans des CAO (centre d’accueil et d’orientation). "Il faut mettre en place plus de maraudes pour les informer au mieux", conclut Vincent de Coninck.

>> La navette qui emmène les migrants vers les douches s’arrête tous les matins entre 9h et 12h30 rue des mouettes (près de l’ancienne "jungle") et au rond-point de l’hôpital.

 

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