Des dizaines de migrants vivent dans des conditions épouvantables dans les centres de rétention libyens. Crédit : Reuters
Des dizaines de migrants vivent dans des conditions épouvantables dans les centres de rétention libyens. Crédit : Reuters

Un Somalien de 22 ans a été condamné mardi 10 octobre par la justice italienne à la réclusion criminelle à perpétuité pour des meurtres et tortures commis en Libye. L'accusé nie les faits.

La justice italienne a condamné mardi 10 octobre un Somalien de 22 ans à la réclusion criminelle à perpétuité pour des meurtres et tortures commis en Libye. Osman Matammud était arrivé en Europe en se fondant dans la masse des migrants.

Il avait été arrêté fin 2016 dans un centre d’accueil de Milan où une quinzaine de migrants menaçaient de le lyncher après l’avoir reconnu comme un des tortionnaires leur ayant extorqué de l’argent dans un camp à Bani Walid, dans le désert libyen. Là-bas, dans ces camps de transit, les passeurs retiennent les migrants le temps que leurs proches paient une rançon, et très régulièrement les torturent pour obtenir des sommes plus importantes que prévu - qui peuvent aller jusqu’à 7 500 dollars par personne.

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Au total, 17 victimes ont décrit à la cour d’assises de Milan les tortures infligées par Osman Matammud à des centaines de migrants passés par son camp. Plusieurs ont témoigné l’avoir vu battre des personnes à mort ou en laisser d’autres mourir par manque de soins ou de nourriture. Deux jeunes femmes ont même raconté que l'accusé les avait violées pendant des mois.

"En 40 ans de carrière, je n’avais jamais vu une horreur pareille"

"Osman Matammud fait partie de ceux qui ont perdu toute mesure, victime d’un délire de toute-puissance du fait d’avoir la vie de centaines de personnes entre ses mains", avait dénoncé l’avocat général Marcello Tatangelo en septembre.

Le Somalien a pour sa part rejeté toutes les accusations, assurant n’être qu’un migrant parmi d’autres ayant lui-même subi des violences en Libye. Selon son avocat, il aurait été victime d’une guerre de clans dans son pays. Un argument réfuté par l’accusation qui assure que plusieurs témoins appartenaient à son clan en Somalie.

"J’ai dit la vérité, je n’ai pas menti, n’ai commis aucun délit", a assuré l’accusé mardi avant que la cour ne se retire pour délibérer. Mais les témoignages des victimes ont fortement marqué les enquêteurs. "En 40 ans de carrière, je n’avais jamais vu une horreur pareille, et il faut imaginer que ce qui se passait à Bani Walid a lieu dans tous les camps" de migrants en Libye, avait déclaré la procureure Ilda Boccassini en annonçant les poursuites en janvier dernier.

 

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