REUTERS/Zoubeir Souissi TPX IMAGES OF THE DAY | Des migrants tunisiens secourus par la marine, à Bizerte le 12 octobre 2017.
REUTERS/Zoubeir Souissi TPX IMAGES OF THE DAY | Des migrants tunisiens secourus par la marine, à Bizerte le 12 octobre 2017.

Jeudi soir 12 octobre à Tunis, plusieurs centaines de personnes sont venues apporter leur soutien aux proches de migrants disparus en mer. Le mouvement intervient quatre jours après la collision entre un navire militaire et une embarcation de migrants au large de la Tunisie. Huit personnes sont mortes, une cinquantaine disparues. Reportage sur l'avenue Bourguiba à Tunis.

Le cri de désespoir d'une mère ayant perdu un fils transperce le vacarme habituel de l'avenue centrale de Tunis. « Ce sont des familles de disparus en mer depuis 2008, 2011 et 2017 qui n'ont jamais eu de nouvelles de leur enfant. » Valentin tient une banderole de soutien aux familles des milliers de disparus : « Les corps ne sont pas identifiés quand ils sont retrouvés donc elles ne peuvent jamais faire le deuil ».

Devant le peu d'informations données par les autorités, de nombreux jeunes en colère accusent les forces navales tunisiennes d'être responsables du dernier drame, à l'image de Mehdi. « Les disparus ont été assassinés par les forces des frontières, dit-il. Au début, les forces des frontières ont attaqué ce navire avec des jets d'eau. Après, ils ont sauvé quelques migrants, ils ont trouvé huit morts mais les disparus ils n'arrivent pas à les trouver. Tu es en train de sauver des personnes, pourquoi tu as laissé les autres ? »

Après ce nouveau naufrage meurtrier, Meheb, du Forum social tunisien qui organise la manifestation, attend une réelle politique d'intégration des jeunes dans le processus démocratique. « Ce fléau de l'émigration dite clandestine, c'est réellement un problème social et économique mais aussi un problème politique. Ces jeunes-là qui ont peut-être sacrifié des années d'études, des années de patience, sont en train de déserter le pays parce qu'il n'y a plus d'espoir, il n'y a plus d'horizon. »

Ces deux derniers mois, plus de 4 000 Tunisiens ont réussi la traversée jusqu'en Sicile. Jamais depuis la révolution de 2011 autant de jeunes n'ont pris la mer pour fuir le pays.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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