© Bachir Belhadj | A Alger, nombreux sont les migrants qui n'osent plus sortir de peur d'être arrêtés.
© Bachir Belhadj | A Alger, nombreux sont les migrants qui n'osent plus sortir de peur d'être arrêtés.

En Algérie, plusieurs centaines de migrants subsahariens ont été arrêtés par les forces de l'ordre au cours des journées de mercredi et jeudi, dans différents quartiers de la capitale. Comme la semaine précédente, les arrestations ont eu lieu dans la rue, dans les transports en commun, mais aussi, sur les chantiers où ces migrants sont employés. Pour les ouvriers migrants, c'est désormais l'inquiétude qui domine.

« Ils sont venus, ils ont ramassé tout le monde. Ils sont venus avec sept cars ». C'est une cité en construction, à 40 kilomètres d'Alger. Là, en plein jour, les gendarmes ont emmené tous les ouvriers de ce chantier d'une entreprise chinoise.

Un Ivoirien, qui travaille en face, a assisté à la scène : « Les Chinois ont essayé de plaider, ils leur ont dit non. Il y avait même des vigiles qui étaient là, ils les ont ramassés tous, personne n’est resté, vous-même vous voyez ici c’était bourré de monde, tout est vide ici actuellement ».

Chantier à l'arrêt de ce côté de la route, chantier ralenti de l'autre côté. Ici, les gendarmes vont venus presque tous les jours, depuis un mois. Parfois, ils n'arrêtent personne, parfois ils emmènent plusieurs ouvriers.

Pour Jérôme, un Béninois, ce n'est pas l'arrestation qui inquiète les migrants, mais bien l'expulsion : « Parce que si quelqu'un est rapatrié, son salaire reste là-bas [en Algérie] ».

Dans ce quartier, les patrons sont unanimes : ils aimeraient qu'on laisse leurs ouvriers tranquilles pour finir le travail. Mais hors micro, ils admettent que si la gendarmerie arrive, ils ne peuvent rien faire pour empêcher les arrestations.


Texte initialement publié sur : RFI

 

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