AFP/STR | Des migrants qui se trouvaient dans le désert secourus par les autorités nigériennes et ramenés à Arlit (photo d'illustration / archives).
AFP/STR | Des migrants qui se trouvaient dans le désert secourus par les autorités nigériennes et ramenés à Arlit (photo d'illustration / archives).

Plus de 950 migrants ouest-africains ont été expulsés la semaine passée par l'Algérie, selon plusieurs sources nigériennes. Une nouvelle vague d'expulsions qui déplaît fortement du côté de Niamey et de la région d’Agadez, au Niger, où se situe le centre de transit pour migrants.

"Incompréhension" et "mécontentement face aux expulsions à répétition pratiquées par l'Algérie. Ce sont les mots qui reviennent dans la bouche de plusieurs officiels de Niamey ou de la région d'Agadez où se situe le centre de transit pour migrants.

Zones désertiques à pied

Rien que ces deux derniers mois, environ 2 800 Nigériens et quelque 5 000 Ouest-Africains auraient connu le même sort, selon ces sources. Déposés dans le no man's land entre l'Algérie et le Niger, ils ont dû traverser des zones désertiques, souvent à pied, parfois en stop, pour rallier les localités nigériennes les plus proches.

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"Bien évidemment, cela nous pose des problèmes d’accueil. Nous n’avons pas suffisamment d’installations pour les gérer. En plus, ils arrivent dans un tel dénuement que vous comprenez bien à quel point la question humanitaire est liée à cela. Je suis surpris que ces Africains nous arrivent par nos frontières alors que, selon moi, ils doivent tous être envoyés chez eux par des voies appropriées, plutôt que de nous les envoyer ici", a déclaré, à RFI, Sadou Soloké, gouverneur de la région d'Agadez.

Protestations officielles

De son côté, le gouvernement nigérien a également protesté, selon une source gouvernementale.

"Nous  avons déjà protesté auprès d'Alger pour les conditions d'expulsion de nos ressortissants et de ces migrants mais, ce que nous contestons surtout, c'est qu'ils envoient au Niger tant d'autres nationalités y compris des Maliens, par exemple, alors que l'Algérie et le Mali ont une frontière commune", a souligné cette source gouvernementale.

Parmi les 955 migrants expulsés cette semaine, il n'y aurait, en effet, aucun Nigérien et plus de 300 Maliens.

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Texte initialement publié sur : RFI

 

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