Photo : Str /AFP | Le désert de Tamanrasset, au sud de l'Algérie, région frontalière avec le Niger et le Mali
Photo : Str /AFP | Le désert de Tamanrasset, au sud de l'Algérie, région frontalière avec le Niger et le Mali

Plus de 950 migrants ouest-africains ont été expulsés, la semaine passée, par l'Algérie, selon plusieurs sources nigériennes. Ce week-end, plus d'une vingtaine de bus ont à nouveau quitté Alger, direction Tamanrasset à la frontière avec le Niger. Le Conseil supérieur de la diaspora malienne dénonce des conditions inhumaines de rapatriement.

Aboubacar Kamissoko est bloqué à Arlit, au Niger. Il a été raflé à Alger, la capitale algérienne, il y a quatre jours. Joint par téléphone, il raconte que lui et ses camarades ont été récupérés sur leur lieu de travail, puis mis dans des bus jusqu'à Tamanrasset. Déposés aux portes du désert, lui et plusieurs dizaines d'autres migrants en situation irrégulière ont dû marcher, jusqu'à tomber sur des militaires nigériens.

Joint par RFI, Haïdara Chérif Mohammed, du Conseil supérieur de la diaspora malienne, s'insurge contre un tel traitement.

"Ils amènent [les migrants] jusqu’à la frontière, à 7 km de la frontière du Niger, et ils les débarquent là-bas. C’est inquiétant. On ne peut pas expulser quelqu’un, l’amener jusqu’à la frontière d’un État et lui dire : marche pour arriver de l’autre côté. Nous trouvons cela inadmissible et, ce qui est encore plus inquiétant, c’est que nous n’avons pas entendu le gouvernement malien dire un seul mot. Seul le Niger, aujourd’hui, a manifesté son mécontentement", a-t-il dénoncé.

Le Conseil supérieur de la diaspora malienne a déployé des émissaires dans tous les points de passage empruntés par les migrants pour comptabiliser et recenser les expulsions. Pour l'instant, aucun des expulsés maliens de ces derniers jours n’est rentré au Mali. Ils sont toujours en transit au Niger.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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