Sur l'île de Samos, les réfugiés et demandeurs d'asile sont obligés de planter des tentes dans les forêts, le camps de migrants étant saturé. Crédits : Reuters/Costas Baltas
Sur l'île de Samos, les réfugiés et demandeurs d'asile sont obligés de planter des tentes dans les forêts, le camps de migrants étant saturé. Crédits : Reuters/Costas Baltas

Sur les îles grecques situées à proximité de la Turquie - comme à Lesbos et Samos, les camps de migrants sont surpeuplés et abritent deux à trois fois la population qu’ils peuvent accueillir. La situation sanitaire et sociale y est catastrophique, les ONG exhortent le gouvernement grec à réagir au plus vite.

“Si nous avions su que ça serait comme ça, nous serions restés sous les bombardements en Syrie”. Comme des centaines d’autres migrants autour de lui, Muahab Ashaad, jeune père de 27 ans, vit dans une tente de fortune plantée sous des arbres sur l’île de Samos en Grèce.

S’il s’est installé avec sa famille dans la forêt, c’est parce que le camps de réfugiés à proximité est saturé. Selon les autorités, plus de 2500 demandeurs d’asile se trouvent à Samos alors que les infrastructures de l’île ne permettent que d’en accueillir 700. Au total, plus de 14 500 migrants, principalement des Syriens et des Irakiens, se trouvent dans un des cinq camps répartis sur les îles grecques proches de la Turquie.

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Conditions de vie déplorables, incertitude sur leur sort et parfois même violences : plusieurs ONG s’inquiètent pour l’état de santé psychologique de beaucoup de migrants. “Sur les deux derniers mois, il y a eu une augmentation significative des personnes qui nous parlent du suicide comme une option pour échapper à cette situation”, rapporte Jayne Grimes, en charge des questions de santé mentale à Samos pour l’association Médecins sans frontières.

Des migrants coincés, inexpulsables et non relocalisables

Comme elle, près d’une vingtaine d’ONG ont signé, plus tôt cette semaine, une lettre ouverte adressée au Premier ministre grec Alexis Tsipras lui demandant de mettre fin au plus vite à “la rétention” des demandeurs d’asile dans les camps saturés des îles. Cependant, le gouvernement grec se heurte à une véritable impasse administrative : depuis l’accord signé au printemps 2016 entre Ankara et Bruxelles, les migrants sont quasi-inexpulsables vers la Turquie (puisqu’il y aurait alors violation du droit d’asile), mais ils ne sont pas non plus relocalisables au sein des pays de l’Union européenne car ceux-ci ne jouent pas le jeu. Entre 2015 et 2017, Bruxelles s’était engagé à accueillir 160 000 migrants à répartir ensuite dans les États membres, mais à peine 20 % de l’objectif initial a été respecté.

Le gouvernement grec a annoncé qu’il prévoyait de déplacer 2 000 demandeurs d’asile des îles vers le continent, où environ 50 000 réfugiés et migrants vivent déjà dans des camps. Mais pour les ONG, c’est loin d’être suffisant.

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Craintes de décès pendant l’hiver

“Cette mesure d’urgence est une bonne nouvelle, mais cela ne peut être qu’un premier pas. Beaucoup de choses restent à faire pour améliorer les conditions de vie et pour déplacer les plus vulnérables sur le continent afin que personne ne périsse cet hiver”, prévient Jana Frey, directrice du International Rescue Committee en Grèce.

“Le plus urgent est de se préparer à l’hiver, non seulement au froid mais aussi et surtout aux pluies”, enchérit Rose de Jong, agent de terrain à Samos pour le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies.

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Bien que les arrivés en Grèce depuis la Turquie aient drastiquement reculé grâce à l’accord Ankara-Bruxelles, un flot régulier de migrants et de réfugiés continuer d’affluer vers la Grèce. Le pays croule sous les demandes d’asile qui peuvent prendre plusieurs mois voire plusieurs années avant d’être traitées.

 

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