Omaid est désormais étudiant à Sciences Po. Crédit : Omaid
Omaid est désormais étudiant à Sciences Po. Crédit : Omaid

Omaid est arrivé en France en 2015. InfoMigrants l’avait rencontré l’année dernière alors que le jeune afghan suivait un programme d’apprentissage de langues réservé aux réfugiés à Sciences Po Paris. Un an plus tard, il a rejoint les bans de cette grande école française, au même titre que les autres élèves.

Voilà un peu plus d’un an qu’Omaid a obtenu le statut de réfugié en France. Lors de notre première rencontre en novembre 2016, il participait au programme "Welcome refugees" de l’association Wintegreat. Le temps d’une année scolaire, le jeune afghan a suivi des cours de français, d’anglais et de vivre-ensemble dans les locaux de Sciences Po.

Un an plus tard, les habitudes d’Omaid n’ont pas beaucoup changé. Tous les matins, il quitte son petit appartement de Saint-Denis (en banlieue parisienne) – qu’il partage avec cinq autres compatriotes afghans – pour rejoindre sa salle de classe rue Saint-Guillaume. Mais cette fois, le jeune homme de 29 ans est un étudiant comme les autres.

>> À lire sur InfoMigrants : Omaid, un réfugié afghan sur les bancs de Sciences Po

Des études à Sciences Po

Grâce à l’obtention d’une bourse, Omaid a pu en effet intégrer le cycle d’étude en sécurité internationale de l’Institut politique de Paris (Sciences Po). Ainsi, avec les 900 euros qu’il reçoit chaque mois, il paye son loyer et réussi même à envoyer de l’argent à sa femme et ses deux jeunes enfants restés en Afghanistan. "Je fais aussi un peu de shopping à Paris parfois", sourit le jeune papa en buvant son lait chaud à la table d’un café, à deux pas de Sciences Po. "Ici, c’est un peu notre QG. On y vient souvent avec mes camarades de cours", dit-il.  

Son français s’est légèrement amélioré mais pas suffisamment pour avoir une discussion approfondie. "Les cours sont en anglais. À la maison je parle pachtou ou dari. Je parle français avec mes amis mais pas assez pour être fluide", explique-t-il… en anglais. Ces lacunes peuvent parfois être un frein dans sa vie professionnelle. Comme cet été lorsqu’il a cherché du travail. "J’ai déposé des CV un peu partout mais cela n’a rien donné. Je pense que c’est parce que je ne parle pas bien la langue", souffle Omaid, les yeux sombres mais le regard doux.

Omaid profite de son temps libre pour visiter Paris. Crédit : Omaid

"Je suis bien intégré ici"

Même déconvenue quand, avant d’obtenir sa bourse, il frappe à la porte de l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA). Là encore, sa mauvaise maitrise du français l’empêche d’être accepté dans le programme mis en place par l’AFPA pour les réfugiés.

Malgré les difficultés qu’il a rencontrées, Omaid se dit maintenant heureux en France. "Je suis bien intégré ici. J’ai pleins d’amis et en plus je ne pensais pas pouvoir reprendre les études donc c’est une bonne chose", s’enthousiasme-t-il. L’année dernière il s’était donné deux ans pour réussir. Aujourd’hui, le jeune homme n’a plus l’Afghanistan en tête autant que l’année dernière. "J’ai une bonne situation maintenant. Repartir là-bas signifierait tout recommencer à zéro. Ce serait très difficile", assure-t-il.

Seul bémol dans sa nouvelle vie parisienne : l’éloignement de sa famille. Sa femme et ses enfants lui manquent terriblement. "On se parle au téléphone tous les jours mais la distance est vraiment pesante", avoue celui qui a fui son pays en 2015, menacé par les Taliban. Depuis le début Omaid veut les faire venir en France, pour rattraper le temps perdu et voir enfin grandir son fils et sa fille. Il a d’abord attendu que sa situation matériel s’améliore, mais le 31 mai dernier le service des visas de l’ambassade française à Kaboul a fermé, suite à l’attentat a frappé le quartier diplomatique de la capitale afghane. Aujourd’hui Omaid a réuni tous les papiers nécessaires pour sa demande de regroupement familial mais doit encore être patient. "Je ne sais pas quand je pourrais déposer mon dossier. Je ne peux rien faire d’autre qu’attendre", dit d’un le jeune homme à la fois résigné et plein d’espoir.

 

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