Près de 60 000 personnes ont défilé à une grande marche nationaliste à l'appel de l'extrême-droite, le 11 novembre, à Varsovie. Crédit : Reuters
Près de 60 000 personnes ont défilé à une grande marche nationaliste à l'appel de l'extrême-droite, le 11 novembre, à Varsovie. Crédit : Reuters

Ce week-end, une manifestation patriotique a été organisée à l’appel de l’extrême-droite en Pologne. Les mots d’ordre ont été : "La Pologne blanche, la Pologne pure", signe d’une inquiétante montée de la xénophobie et d’un rejet de l’immigration dans un pays qui n’a pourtant accueilli aucun réfugié syrien ou irakien.

"Foutez le camp avec vos réfugiés". Voici l’un des slogans que l’on pouvait lire sur les pancartes des manifestants qui ont participé samedi 11 novembre à Varsovie à une grande marche nationaliste à l’occasion de la fête de l’indépendance de la Pologne. Près de 60 000 personnes ont participé aux défilés.

En dehors des messages anti-islam, anti-gay et anti-communiste traditionnellement brandis par les milieux d’extrême-droite, de nombreux slogans anti-réfugiés ont essaimé dans les cortèges. On y voit notamment un drapeau sur lequel un migrant est caché dans un cheval de Troie aux portes de l'Europe.  

La Pologne n’a accueilli aucun demandeur d’asile

Pourtant, depuis le début de crise migratoire, la Pologne n’a pas vraiment souffert d’un afflux de migrants sur son sol. Bien au contraire. Depuis la première heure, la Pologne a refusé de participer au programme européen de répartition de demandeurs d'asile syriens et irakiens bloqués en Grèce et en Italie. Ce programme - pourtant obligatoire au sein de l'UE - prévoyait la relocalisation de 120 000 personnes dans l'Union européenne. Mais seuls 29 000 réfugiés en ont bénéficié. La Pologne, elle, n'a accueilli personne. 

"Nous croyons que la relocalisation attire davantage de migrants, elle est inefficace", avait déclaré il y a quelques mois le ministre de l’Intérieur polonais, Mariusz Blaszczak.

Ce même ministre n’hésite pas non plus à faire l’amalgame entre migrant et terroriste. "Chez nous en Pologne, nous n'avons pas de communautés musulmanes, pas d'enclaves qui constituent une base naturelle pour le développement des terroristes islamistes", avait-il déclaré au soir de l'attentat de Barcelone. "Nous faisons tout notre possible pour que notre pays soit en sécurité et nous ne voulons pas accueillir de migrants". 

Visegrad et l’idéologie anti-migrant

Pendant la manifestation de samedi à Varsovie, le mot d'ordre officiel était : "Nous voulons Dieu", une expression rappelant un chant catholique interprété aujourd'hui comme un rejet de l'islam. Un des orateurs animant le rassemblement a déclaré que "la culture chrétienne est supérieure à la culture islamique". Des manifestants ont également scandé des appels à la xénophobie avec des messages tels que "La Pologne blanche, la Pologne pure".

Pour rappel, la Pologne fait partie du groupe de Visegrad ( "V4") qui réunit aussi la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie. Ces quatre pays refusent en bloc la moindre politique d’ouverture en faveur des migrants. Tous ont fermé leurs frontières et ont coupé la fameuse "route des Balkans".

 

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