Image d'illustration du camp de Vial, sur l'île de Chios, en Grèce, en août 2017. Crédit : InfoMigrants
Image d'illustration du camp de Vial, sur l'île de Chios, en Grèce, en août 2017. Crédit : InfoMigrants

Manifestations de policiers et de demandeurs d’asile, appel de la mairie à la grève générale… La situation se tend à Lesbos, en Grèce, où près de 6 000 migrants vivent dans le camp de Moria, soit trois fois pus que sa capacité. Tous dénoncent la surpopulation et demandent au gouvernement de trouver des solutions.

L’exaspération dans le camp de réfugiés de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, grandit chaque jour un peu plus, jusqu’à devenir aujourd’hui unanime : policiers et réfugiés organisent des manifestations tandis que la mairie a lancé un mot d’ordre de grève générale pour lundi prochain.

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6 000 réfugiés pour une capacité trois fois moindre

La cause : la surpopulation du camp qui compte actuellement plus de 6 000 demandeurs d'asile pour une capacité trois fois moindre. Les migrants continuent en effet à arriver par dizaines chaque jour sur les îles égéennes, et y demandent presque tous l’asile.

Or, aux termes de l’accord UE-Turquie signé en mars 2016, il semble qu’ils soient contraints d’y rester jusqu’à la fin de la procédure de demande d’asile, afin de pouvoir être ramenés en Turquie en cas de refus. Seuls les plus vulnérables – les femmes, les enfants et les personnes handicapées – sont transférés dans des hébergements en Grèce continentale. Mais selon Marios Andriotis, chargé de la communication internationale du maire de Lesbos Spyros Galinos cité par l’AFP, cette obligation de garder les demandeurs d’asile sur les îles "n’est qu’une interprétation que le gouvernement fait du texte".  

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C’est pourquoi la mairie a appelé mardi 14 novembre à une grève générale lundi prochain, assortie d’une manifestation sur la place centrale de Mytilène, la principale ville de Lesbos. "Nous pouvons accueillir [à Moria et dans les autres hébergements de l’île] environ 4 000 demandeurs d’asile et nous voulons nous en tenir à ce nombre", a insisté Marios Andriotis, appelant le gouvernement à trouver une solution pour les autres, notamment en en envoyant d’avantage en Grèce continentale. "Nous ne voulons pas transformer une île de solidarité, d’humanisme et de paix en une île-prison", a-t-il ajouté.

Manifestations de policiers et de migrants

Mardi 14 novembre, l’île de Lesbos a résonné au son des slogans des manifestants. Dans la journée, plusieurs dizaines de policiers de Moria ont en effet défilé dénonçant la surpopulation du camp. Ces derniers étaient d’ailleurs soutenus par la mairie : "Ils sont en sous-effectif, ils ne peuvent pas accomplir leurs missions de sécurité", a insisté Marios Andriotis.

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Le soir, ce sont quelque 150 migrants qui ont manifesté aux cris de "Ouvrez les îles". Parmi eux, plusieurs Afghans observent depuis deux semaines une grève de la faim dans le centre de Mytilène pour protester contre leurs conditions d’existence.

Des conditions dénoncées à l’AFP par le porte-parole du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), Boris Cheshirkov, qui déplore "des toilettes et des douches en nombre insuffisants, des coupures d’eau, le risque de violence, y compris sexuelle". Il a également noté un nombre "frappant" de familles avec de très jeunes enfants. "Nous continuons à demander instamment au gouvernement d’alléger la surpopulation à Moria", a-t-il déclaré.

 

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