Image d'archive d'un sauvetage en mer Méditerranée. Crédit : Reuters
Image d'archive d'un sauvetage en mer Méditerranée. Crédit : Reuters

Les autopsies pratiquées sur les jeunes filles migrantes mortes en mer Méditerranée début novembre n'ont révélé aucune trace de violences physiques ou sexuelles récentes. L'Italie soupçonnait qu'elles aient fait partie d'un réseau de prostitution.

La mort en mer de 26 migrantes âgées de 14 à 18 ans début novembre avait ému en Italie et au Nigéria - d’où elles seraient originaires - à tel point que le ministère nigérian des Affaires étrangères avait évoqué "une perte monumentale" et réclamé une enquête internationale. Les autorités italiennes suspectaient un réseau de prostitution.

Les autopsies, pratiquées par l’Italie qui a rapidement ouvert une enquête, révèlent que 25 d'entre elles sont mortes asphyxiées dans l’eau, tandis que la dernière a subi une hémorragie au foie due à "un impact contre une surface arrondie". En revanche, aucune trace de violences physiques ou sexuelles récentes n’a été relevée, écartant ainsi l’hypothèse d’un réseau de prostitution. Deux d’entre elles étaient enceintes.

Les jeunes filles ont été retrouvées mortes au cours de deux opérations de secours distinctes menées par un navire militaire espagnol le 3 novembre au large de la Libye, trois sur un premier canot en perdition et 23 sur un autre à demi-coulé, dont les survivants ont fait état d’au moins 50 disparus.

Dans les deux cas, des dizaines d’autres migrants – essentiellement des hommes mais aussi des femmes – ont pu être secourus.

Le frère d’une des victimes et le mari d’une autre, qui se trouvaient parmi les survivants arrivés avec leurs dépouilles le 5 novembre à Salerne, au sud de Naples, ont pu identifier presque toutes les victimes. Pour trois autres, les enquêteurs ont réussi à joindre des proches par téléphone grâce à des numéros qu’elles avaient cachés dans leurs vêtements.

Leurs funérailles sont prévues vendredi matin à Salerne, où une journée de deuil a été décrétée. La cérémonie sera sobre, a promis le maire. Il y aura l’évêque de la ville et un imam : deux des jeunes filles identifiées immédiatement étant de deux confessions différentes, catholique pour l'une, musulmane pour l'autre. Une rose blanche sera déposée sur chaque cercueil, ainsi que deux autres, plus petites, pour les deux enfants à naître.

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