Image d'archive près du centre humanitaire La Chapelle, en juillet 2017. Crédit : Mehdi Chebil
Image d'archive près du centre humanitaire La Chapelle, en juillet 2017. Crédit : Mehdi Chebil

Dans un communiqué commun publié jeudi 16 novembre, Médecins du Monde et Médecins sans frontières s’alarment de l’arrivée du froid, alors que près de 1 000 migrants vivent toujours dehors. Les deux ONG dénoncent aussi le harcèlement policier subi par les migrants dans la capitale française.

"Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des hommes et des femmes dans les rues, dans les bois ou perdus". Cette phrase a été prononcée par le chef de l’État français Emmanuel Macron le 27 juillet dernier lors d’un discours à Orléans. Mais selon Médecins du Monde, cette promesse présidentielle ne sera pas tenue : à moins de deux mois de Noël, près de 1 000 migrants errent encore dans les rues de Paris, aux abords du centre humanitaire La Chapelle, ou en Seine-Saint-Denis (en banlieue parisienne).

Harcèlement policier

Dans un communiqué commun publié jeudi 16 novembre, Médecins du monde (MdM) et Médecins sans frontières (MSF) demandent à l’État la "mise à l’abri immédiate, digne et inconditionnelle" de ces personnes alors que "les températures baissent et que l’hiver approche".

Les deux associations, qui ont recueilli une dizaine de témoignages de migrants, réclament également la fin du harcèlement policier. Selon elles, les forces de l’ordre n’hésitent pas à déloger la nuit les demandeurs d’asile, les forçant à se cacher pour dormir, "souvent sans duvet, sans couverture, sans tente". "Dès que l’on s’assoit quelque part, les policiers arrivent et nous demandent de partir […] À chaque fois on leur demande : partir pour aller où ? Où est-ce que l’on peut aller ? Des fois ils nous disent : ‘I don’t know, just leave’", raconte Ibrahim, un migrant soudanais cité dans le communiqué.

MdM et MSF fustigent la politique de l’État français qui "cherche à faire disparaître les migrants". Jamal, originaire d’Ethiopie, abonde dans le même sens : "La police nous persécute comme si nous étions des criminels", témoigne-t-il.

Santé détériorée

En plus du harcèlement policier, les migrants doivent faire face à des risques sanitaires importants en raison de l’absence d’hébergement. Les associations redoutent en effet une "augmentation des problèmes dermatologiques et des cas de gale", explique dans le communiqué Corinne Torre, cheffe de mission France pour MSF.

Au mois de mai et juin dernier, les humanitaires alertaient déjà sur des épidémies de gale et de tuberculose qui touchaient principalement la population migrante. "Les conditions de vie de ces gens sont tellement désastreuses qu’on observe beaucoup de maladies de peau dont les symptômes ressemblent à ceux de la gale", signalait à l’époque à InfoMigrants Abdon Goudjo, directeur médical du Samu social de Paris.

"Avec l’arrivée de l’hiver, l’heure n’est plus aux effet d’annonce, s’agace Françoise Sivignon, président de MdM France. L’hébergement d’urgence et l’ouverture rapide de centres d’accueil supplémentaires (…) sont essentiels. Il faut que les pouvoirs publics agissent et au plus vite", conclut-elle.

 

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