Déjà l'hiver dernier, réfugiés et migrants dormaient dans ces petites tentes en plein hiver dans le camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos (photo prise le 10 janvier 2017). Crédit photo : Petros Tsakmakis/Intimenews via Reuters.
Déjà l'hiver dernier, réfugiés et migrants dormaient dans ces petites tentes en plein hiver dans le camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos (photo prise le 10 janvier 2017). Crédit photo : Petros Tsakmakis/Intimenews via Reuters.

À l’approche de l’hiver, une vingtaine d’ONG ont uni leurs forces pour appeler Athènes à alléger au plus vite les camps de réfugiés bondés sur les îles grecques et éviter à tout prix que le froid et la pluie ne fassent des victimes.

C’est “une question de vie ou de mort” : vingt ONG ont co-signé, mercredi 22 novembre, un appel d’urgence pour tenter de faire réagir le gouvernement grec à la surpopulation de ses camps de migrants. Sur les îles de Lesbos, Samos et Chios, les ONG ont comptabilisé près de 10 925 personnes alors que les infrastructures sur place ne peuvent en accueillir que 3 924, laissant quelque 7 000 personnes livrées à elles-mêmes et logées dans des abris de fortune, dehors.

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"Nous sommes dans une course contre la montre. Il y aura des morts - de nouveau - cet hiver dans les camps de migrants en Grèce, sauf si les gens sont autorisés à se rendre sur le continent de façon volontaire et organisée", alerte Jana Frey, directrice du "International Rescue Committee" en Grèce. Parmi les autres signataires de l’appel figurent Amnesty International et Human Rights Watch.

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En un mois, le gouvernement grec a fait transférer 2 000 migrants de Samos et Lesbos vers le continent dans le cadre d’une mesure d’urgence unique. “Or, lorsque cette initiative a été annoncée en octobre, la capacité d’accueil des îles était déjà dépassée de 5 000 personnes”, souligne Human Rights Watch dans un communiqué. “Nous savions déjà que ce n’était pas suffisant”.

“Une évacuation de masse ne ferait qu'encourager les passeurs à acheminer d'autres migrants”

Plusieurs membres du groupe des ONG co-signataires de l’appel ont récemment demandé à rencontrer le Premier ministre grec Alexis Tsipras pour lui exposer l’urgence de la situation dans les camps de migrants, mais aucune réponse ne leur a été donnée à ce jour. Les autorités grecques ont simplement laissé entendre qu’elles craignaient qu’une évacuation de masse des demandeurs d'asile vers le continent n'encourage les passeurs à acheminer d'autres migrants.

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"Des milliers de personnes, parmi lesquelles des femmes seules, des femmes en charge de familles et de très jeunes enfants en sont réduites à vivre dans des tentes de toile, dormant pour l'essentiel à même le sol, alors que le temps se détériore", rétorquent les ONG dans leur déclaration commune. "Des femmes doivent même partager leurs tentes avec des hommes inconnus, mettant en danger leur sécurité et leur intimité", peut-on lire dans le document.

Le ministre grec chargé des Migrations, Yiannis Mouzalas, a indiqué que le traitement des demandes d’asile devait être accéléré, mais que la multitude des cas engorgeait le système. Athènes a aussi annoncé son intention de créer des places supplémentaires dans les camps de migrants sur les îles, mais les autorités locales s’y opposent. Une grève générale de 24 heures a d’ailleurs eu lieu lundi sur l’île de Lesbos pour réclamer le transfèrement immédiat de milliers de réfugiés en surnombre.

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