REUTERS/Ian Langsdon | Le président français Emmanuel Macron lors de sa visite dans un centre de distribution de nourriture à l'occasion de la 33e campagne hivernale des Restos du Coeur, à Paris, le 21 novembre 2017.
REUTERS/Ian Langsdon | Le président français Emmanuel Macron lors de sa visite dans un centre de distribution de nourriture à l'occasion de la 33e campagne hivernale des Restos du Coeur, à Paris, le 21 novembre 2017.

Mardi, à la sortie de l’inauguration de la campagne d’hiver des Restos du cœur, le président Emmanuel Macron, interpellé dans la rue par une femme migrante sans papiers, lui a conseillé de retourner dans son pays si elle n’y est pas en danger, ajoutant que la France ne pouvait pas "accueillir toute la misère du monde".

Ce mercredi 22 novembre, la presse publie une lettre ouverte envoyée la semaine dernière au chef de l’Etat par 22 associations qui s’inquiètent de l’évolution de la politique migratoire de la France et qui rappellent que toute personne en détresse présente en France, quel que soit son statut administratif, a le droit à un hébergement et à un accompagnement.

Les associations s’inquiètent notamment de la création par les pouvoirs publics des équipes mandatées pour aller demander dans les centres d’hébergement des précisions sur la situation administrative des personnes accueillies. Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, est l’un des signataires de la lettre : « Effectivement, on voit qu’il y a des velléités de pouvoir effectuer des tris dans le cadre de l’hébergement d’urgence. Et du coup le rôle des associations, le rôle des travailleurs sociaux est fortement perturbé par ces velléités-là », s'insurge-t-il.

« Je vous donne un exemple : on ne va pas commencer à trier les personnes qui viennent nous solliciter alors qu’elles n’ont rien, ce n’est pas concevable. Et donc, je crois qu’il faut bien dissocier ce qui relève des besoins de première nécessité et du droit fondamental – ce droit inconditionnel de la politique migratoire. Il ne faut pas qu’il y ait de confusion entre la politique migratoire d’un côté et le rôle du secteur associatif, qui agit pour apporter une solution à ceux qui n’ont rien. C’est bien ça la question  », conclut Christophe Robert.

Dans leur lettre, les associations invitent le président au dialogue et n’excluent pas de se retirer des dispositifs d'hébergement si le principe d’accueil inconditionnel de leur action est mis à mal.

→Pour lire la lettre adressée au président de la République : cliquez ici.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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