ISSOUF SANOGO / AFP | Quelque 155 migrants ivoiriens ont été rapatriés de Libye, le 20 novembre 2017.
ISSOUF SANOGO / AFP | Quelque 155 migrants ivoiriens ont été rapatriés de Libye, le 20 novembre 2017.

Suite à la diffusion des images de migrants africains vendus aux enchères comme esclaves en Libye, le Rwanda se dit prêt à accueillir jusqu'à 30 000 migrants sur son sol. La ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo précise que le nombre exact, les moyens et les modalités sont encore l'objet de discussions.

Les images de CNN ont suscité une avalanche de réactions diplomatiques indignées.

Mardi, le président de la Commission de l'Union africaine a lancé un appel.  "J'exhorte les Etats membres qui disposent des moyens logistiques requis à les mettre à la disposition pour faciliter l'évacuation de la Libye des migrants africains qui le désirent", a déclaré Moussa Faki Mahamat, avant de souligner la "disponibilité" du Rwanda.

"Je me réjouis de relever que le Rwanda nous a contactés pour non seulement marquer sa  disposition, sa disponibilité à contribuer au transport de la Libye des migrants africains , mais également accueillir sur son sol un grand nombre d'entre eux", a précisé le président de la Commission de l'UA.

La ministre rwandaise des Affaires étrangères lui répond dans un tweet le lendemain : "En effet, la philosophie politique du Rwanda et l'expérience de long exil par beaucoup de Rwandais nous rendent sensibles à la condition de réfugié, de migrant, d'apatride". Louise Mushikiwabo ajoute : "Aux "Africains à vendre" en Libye : le Rwanda est un petit territoire, mais nous trouverons de l'espace !".

Au-delà de l'accueil de 170 000 réfugiés burundais et congolais, le Rwanda abrite 8 000 demandeurs d'asile, selon le HCR. Depuis plusieurs années,  il accueille d'ailleurs, avec l'Ouganda, des demandeurs d'asile africains déboutés en Israël, dans le cadre d'un programme israélien de réinstallation volontaire.

Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés, depuis quatre ans, 4 000 Erythréens et Soudanais ont ainsi été envoyés d'Israël vers le Rwanda et l'Ouganda. 

Le HCR déplore d'ailleurs l'opacité de ce programme israélien et les difficultés de suivre la situation de ces personnes réinstallées. Dans un communiqué du 17 novembre l'agence onusienne s'inquiétait aussi "que ces personnes n'aient pas trouvé une sécurité suffisante ou une situation durable et que bon nombre d'entre eux aient tenté par la suite des déplacements dangereux en Afrique ou vers l'Europe". Le gouvernement israélien prévoit de durcir ce programme en contraignant les migrants africains à accepter de partir contre 3 500 dollars ou à se retrouver en détention. Selon plusieurs médias israéliens, Israël envisage  de verser au gouvernement rwandais 5 000 dollars pour chaque demandeur d'asile accueilli.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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