AFP/Angelos Tzortzinis | Un bateau de migrants attend d'être secouru par l'«Aquarius» de SOS Méditerranée et MSF au large de la Libye, le 2 août 2017.
AFP/Angelos Tzortzinis | Un bateau de migrants attend d'être secouru par l'«Aquarius» de SOS Méditerranée et MSF au large de la Libye, le 2 août 2017.

Depuis ces derniers mois, d’autres routes maritimes sont empruntées pour atteindre l'Europe, avec d’autres moyens de transport que les bateaux pneumatiques.

Bien que le nombre de débarquements en provenance des côtes libyennes a nettement diminué, la question des flux vers les côtes du sud de l’Italie n’est toujours pas réglée. Le 25 novembre, deux rafiots dirigés vers l’Italie ont fait naufrage au large de la plage de Garabulli, situé à l’est de Tripoli. Selon les gardes-côtes libyens qui ont secouru tardivement 200 migrants, une trentaine d’adultes et d’enfants sont morts noyés. Trois jours avant, 1 100 migrants à la dérive ont été récupérés par des unités de secours italiennes.

Néanmoins, depuis l’application de mesures drastiques pour bloquer les départs de Libye, mesures fortement critiquées par les ONG humanitaires en raison des gravissimes violences dans les camps libyens, il n’y a plus eu d’arrivées massives. Comme cela s’est produit en juin lorsque 12 000 migrants ont été secourus en moins de 48 h. Officiellement, les flux en provenance de Libye ont diminué de plus de 30%. Passant de 181 436 en 2016, à 114 673 depuis le 1er janvier 2017. Mais il serait imprudent de parler de stabilisation. D’autant que d’autres routes sont empruntées.

D’anciennes routes comme nouvelles routes

D’anciennes routes sont reprises, notamment celles en provenance de Tunisie. Au mois de septembre, près de 1 500 Tunisiens sont arrivés de manière autonome en Sicile. Soit 120% de plus par rapport à 2016. Et puis il y a une nouvelle route vers la Sardaigne qui passe par l’Algérie.

Enfin, on observe une intensification des flux, en provenance de la Turquie, vers la Calabre et les Pouilles. Dans ces trois cas, les 160 embarcations qui ont été interceptées sont des yachts ou des voiliers. Il s’agit d’un trafic géré par des bandes criminelles transnationales. Avec des skippers originaires des pays de l’Est. Ou des passeurs turcs et syriens

Des migrants principalement originaires du Moyen-Orient

Selon des sources de Sophia, la mission européenne anti-passeurs, les personnes qui arrivent à bord de voiliers ou yachts sont principalement d’origine afghane, iranienne, irakienne, pakistanaise et syrienne. Le prix d’un billet pour l’Italie serait de 6 000 euros pour un adulte et de 3 000 euros pour un enfant. Mais cela ne signifie pas que tous ces migrants sont issus de milieux aisés. Ce qu’il faut souligner, c’est que les débarquements « fantômes » permettent de disparaître plus facilement dans la nature. Et donc d’échapper aux contrôles d’identification en Italie.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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