FADEL SENNA / AFP | Des migrants subsahariens manifestent devant l'ambassade de Libye à Rabat, au Maroc pour dénoncer l'esclavage, le 23 novembre 2017.
FADEL SENNA / AFP | Des migrants subsahariens manifestent devant l'ambassade de Libye à Rabat, au Maroc pour dénoncer l'esclavage, le 23 novembre 2017.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés ont indiqué, mardi 28 novembre lors de la réunion des Nations unies, vouloir mener une opération d'envergure pour vider les centres de détention en Libye et rapatrier les migrants dans leur pays d'origine. Cette question est discutée également lors du 5e sommet Europe-Afrique à Abidjan. Mais de quels centres s'agit-il ?

Il s'agit, a priori, de 30 centres de rétention gérés par des milices loyales au gouvernement d'union nationale. Ces centres sont situés dans et aux alentours de Tripoli et détiennent près de 20 000 migrants en tout. Pour la plupart, ils ont été interceptés en mer par les garde-côtes libyens ou découverts en octobre dernier dans des centres non officiels à Sabratha.  Plus de 1 000 retenus étaient aux mains d’une milice locale qui s’est enrichie en se vouant au trafic d’être humain.

Cependant, ce chiffre de 20 000 détenus paraît dérisoire au regard du chiffre réel d'Africains qui se trouveraient en Libye actuellement,  car la majorité des lieux de détention à l'ouest du pays demeurent secrets et sont tenus par différentes milices. C'est dans ces lieux que les exactions commises sont les plus graves. Et personne en Libye ne semble être en mesure de faire une estimation fiable du nombre de personnes aux mains de ces groupes.

Beaucoup plus nombreux sont ceux restés en liberté dans différentes villes du pays. L'Organisation internationale pour les migrations estime à 800 000 personnes le nombre de clandestins actuellement en Libye, mais les autorités libyennes parlent de plus d’un million. Tous déclarent vouloir tenter la traversée de la Méditerranée vers l'Italie.

Un rapport du HCR note qu'en 2016, environ 330 000 personnes ont franchi la frontière entre le Niger et la Libye afin de rejoindre l'Europe. Selon la même source, ces migrants sont à hauteur de 80% des jeunes hommes.

En 2017, près de 13 000 migrants ont été rapatriés volontairement dans leurs pays d'origine avec l'aide de l'OIM. Un rapatriement qui paraît s'accentuer, car la Libye annonce l'organisation de 4 vols cette semaine vers le Niger pour rapatrier des migrants.

Par ailleurs, le nombre des personnes traversant la Méditerranée vers l'Europe à partir de la Libye, a chuté. Entre juillet et septembre dernier, sur un trimestre, seulement 21 000 personnes ont atteint l'Italie en partance de la Libye. Depuis le début de l’année, plus de 3 000 personnes ont disparu en Méditerranée.

L’Union européenne cherchait à retenir les migrants en Libye, mais depuis cet été, les routes passant par l'Algérie et la Tunisie ainsi que par le Maroc vers l’Espagne ont enregistré une nette augmentation de trafic illégal de migrants.


► Dernière minute : accord international pour des évacuations d'urgence en Libye

Les dirigeants de neuf pays européens et africains, dont la Libye, ainsi que de l'ONU, l'Union européenne et l'Union africaine, ont décidé de mener des « opérations d'évacuation d'urgence dans les prochains jours ou semaines » des migrants victimes des trafiquants d'êtres humains en Libye, a annoncé le président français Emmanuel Macron mercredi.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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