ISSOUF SANOGO / AFP | Quelque 155 migrants ivoiriens rapatriés de Libye, le 20 novembre 2017.
ISSOUF SANOGO / AFP | Quelque 155 migrants ivoiriens rapatriés de Libye, le 20 novembre 2017.

Alors que la question de l'esclavage des émigrés clandestins est depuis plusieurs jours dans tous les esprits au point d'être devenu le point central du sommet UE-UA, plusieurs dirigeants réunis à Abidjan ont décidé de prendre des mesures immédiates pour endiguer ce fléau en Libye.

Ce devait être l’un des thèmes de huis clos, un thème parmi d’autres, le dossier de la migration est finalement venu à occuper une place centrale dans le 5ème sommet Europe-Afrique. Dès la cérémonie d’ouverture, les dirigeants ont les uns après les autres condamné ce qui se passe en Libye.

« L’actualité nous interpelle sur une situation qui est devenue totalement inacceptable » a indiqué aux 83 délégations l’hôte du sommet, le président ivoirien, Alassane Ouattara.

« Les récents reportages sur la façon dont les Africains – particulièrement les jeunes – sont traités par les passeurs et les trafiquants, sont horrifiants », a estimé le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk.

Jusqu'à quand allons-nous, vous et nous, observer cette tragédie, insensibles, impuissants, inactifs, paralysés ?

« Jusqu’à quand – a lancé pour sa part le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat – jusqu’à quand allons-nous - vous et nous - observer cette tragédie insensible, impuissants, inactifs, paralysés ? »

Rapatrier ceux qui le souhaitent dans leur pays d'origine

Il y a urgence, affirment les chefs d'Etat, et à la fin de la première journée de ce sommet, neuf d'entre eux ainsi que le représentant des Nations unies décidaient de mettre en place une force d'intervention. Une force coordonnée pour d'abord aller chercher les clandestins sur le sol libyen qui souhaitent être rapatriés dans leur pays d'origine.

A cela, la Libye, par la voix du président Fayez el-Sarraj, a donné son accord  pour que  des « opérations d'évacuation d'urgence soient menées dans  les prochains jours ou semaines ».

Démanteler les réseaux criminels

Mais pour endiguer le phénomène des réseaux de trafics humains, les dirigeants optent pour des échanges de renseignement et d'enquête policière afin de démanteler les réseaux par-delà les frontières des pays concernés. « Des réseaux criminels, profondément liés aux trafics d'armes, de drogue et aux mouvements terroristes de la bande sahélo-sahélienne », a rappelé le président français Emmanuel Macron mercredi soir au sortir de cette réunion.

Enfin, il s'agira de sensibiliser la jeunesse africaine par des campagnes de communication visant à dissuader les jeunes de prendre le chemin de l'exode qui se conclut trop souvent en drame.

► à (ré)écouter : Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies est l'invité de RFI

Texte initialement publié sur : RFI

 

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