Photo d'archive à Calais. crédit : Mehdi Chebil
Photo d'archive à Calais. crédit : Mehdi Chebil

Un an après le démantèlement de la "jungle" de Calais, les passeurs et trafiquants ont dû revoir leur stratégie : nombre d’entre eux tentent désormais de faire passer les migrants en Angleterre depuis la Bretagne ou la Normandie.

Quand la "jungle" de Calais existait encore, les filières d’immigration clandestine étaient toutes regroupées au même endroit, dans le Nord de la France. Mais lors de la destruction de l’immense bidonville ne octobre 2016, les migrants ont été disséminés sur le territoire français. Les passeurs ont donc dû s’adapter.

"Les migrants sont toujours principalement acheminés […] cachés dans des camions, mais maintenant leur prise en charge peut s'opérer à plusieurs centaines de kilomètres de Calais avec de multiples lieux de rendez-vous", explique Julien Gentile, chef de l'Office français pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titre (Ocriest) à l’AFP.

>> À relire: Caché dans un camion, un migrant filme la panique des passagers qui n'arrivent plus à respirer

Aujourd’hui, les départs s’effectuent depuis la Normandie, la Bretagne, mais aussi l’Espagne. "Nous avons eu des filières qui allaient chercher les gens à Calais ou à Paris pour les faire partir en bateau depuis le port de Bilbao", continue Julien Gentile.

"Des embarcations légères, des coquilles de noix"

Selon lui, les chefs de réseau, souvent basés au Royaume-Uni, dirigent depuis l’île anglaise des "lieutenants", qui chargent des chauffeurs d’aller récupérer des migrants, la nuit, dans l’ouest de la France, le Nord et la région parisienne.

"Nous constatons également que des filières proposent des traversées de la Manche et de la mer du Nord sur des embarcations légères, parfois de vraies coquilles de noix [zodiacs, voiliers]", ajoute Julien Gentile.

Au mois d’octobre 2017, un chef de réseau, basé en Angleterre, a été arrêté. L’homme, un Afghan en fauteuil roulant, dirigeait un vaste trafic qui s’étendait à la France, à la Belgique, aux Pays-Bas et à la Bulgarie. Ses "chauffeurs" étaient chargés de dissimuler des migrants dans des voitures en direction du Royaume-Uni.

Depuis janvier, l'Ocriest a démantelé 39 filières d'acheminement de migrants vers la Grande-Bretagne, soit une hausse de 10% sur la même période de l'année précédente. Plus de 150 personnes ont été déférées et encourent jusqu'à 10 ans de prison pour aide au séjour irrégulier en bande organisée.

 

Et aussi