Photos d'archive du campus de l'Université Grenoble-Alpes. Crédit : Guilhem Vellut, Flickr Creative Commons
Photos d'archive du campus de l'Université Grenoble-Alpes. Crédit : Guilhem Vellut, Flickr Creative Commons

À Grenoble, dans le sud-est de la France, une centaine de migrants qui dormaient dehors occupent désormais un amphithéâtre de l’université de la ville. Étudiants, associatifs et syndicats veulent ainsi mettre la pression sur les autorités locales pour trouver une solution d’hébergement pérenne.

Étudiants, associations et syndicats ont déployé les grands moyens lundi 4 décembre pour mettre à l’abri une centaine de migrants qui dormait dehors par des températures négatives : un amphithéâtre de l’Université Grenoble-Alpes (UGA) a été totalement investi depuis la mi-journée les mettre à l’abri.

"On ne veut pas faire dormir les gens ad vitam aeternam ici, mais on veut mettre la pression sur la préfecture, qui est compétente, afin que soit trouvé un hébergement pérenne", a expliqué à l'AFP un militant du droit au logement en Isère. Plusieurs associations telles que l’Assemblée des mal logés et la Patate chaude ainsi que des syndicats comme la CNT, CGT, Unef, Solidaires sont à l’origine de cette action.

La préfecture, de son côté, affirme avoir été informée de la situation par la direction de l'UGA, mais cette dernière “n’a pas demandé d’évacuation”, indique un porte-parole joint par InfoMigrants. “Nous restons observateurs pour le moment. Cette situation a tout de même été incluse dans le cadre de notre réflexion sur le dispositif hivernal, mais ce n’est pas une priorité par rapport à toutes les personnes à loger”, précise-t-il.

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Même méthode et même mobilisation à Lyon

Grenoble n’est pas la première ville à mettre à contribution l’un de ses établissements scolaires. À Bron, en banlieue de Lyon, un amphithéâtre de l'université Lumière Lyon-2 est occupé depuis le 15 novembre par des étudiants qui y logent environ 60 migrants. Dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, la présidente de l’Université, Nathalie Dompnier, en appelle au gouvernement pour solutionner cette situation jugée “indigne”.

La préfecture a proposé vendredi dernier de mettre à disposition un gymnase à Meyzieu, à dix kilomètres à l’est de Bron, pour les accueillir une dizaine de jours. Mais associatifs et étudiants défendant la cause ont refusé cette solution trop temporaire.

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La direction de l’Université a demandé, “à contrecœur” aux occupants d’évacuer au plus tard mercredi à 14h, sans quoi les forces de l’ordre seront amenées à les déloger. Une assemblée générale réunissant les défenseurs des migrants doit se tenir mardi soir pour décider des suites à donner à l’occupation.

 

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