Image d'archives dans le quartier de la Chapelle, en juillet 2017. Crédit : Mehdi Chebil
Image d'archives dans le quartier de la Chapelle, en juillet 2017. Crédit : Mehdi Chebil

Le gouvernement va mettre en place des "équipes mobiles" chargées de recenser les migrants dans les hébergements d'urgence et de les orienter vers des structures adaptés. Les personnes ayant reçu une OQTF seront invitées à retourner dans leur pays ou seront expulsées.

Dans une circulaire datée du mardi 12 décembre, le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Cohésion des territoires ont demandé aux préfets de régions et de départements de mettre en place de "façon progressive" des "équipes mobiles" chargées de recenser les migrants présents dans les centres d’hébergement d’urgence. Objectif : "réduire le nombre de personnes qui, hébergées pour une durée parfois longue, restent sans statut ou ne peuvent bénéficier" de leurs droits, est-il écrit dans la circulaire.

Concrètement, cela signifie que des équipes, composées principalement d'agents de la préfecture et de l'Ofii, interviendront dans l’ensemble des structures d’hébergement d’urgence, "y compris hôtelières", pour s'entretenir avec "les personnes étrangères". Le but : procéder à leur évaluation administrative. Ces équipes auront aussi pour obligation de signaler leur venue "au moins 24 heures à l’avance".

"Cette politique va accentuer la précarisation des migrants"

Les réfugiés - ceux ayant donc reçu leur statut - seront orientés vers des "logements pérennes", les demandeurs d’asile seront dirigés vers des CADA. Le point épineux reste évidemment celui des étrangers en situation irrégulière. Les personnes faisant l’objet d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français) auront deux choix : soit ils accepteront "une aide au retour", soit ils seront expulsés du territoire.

Les équipes mobiles pourront se rendre à nouveau sur place pour "s’informer des suites données à ses préconisations". En clair, pour vérifier que les réfugiés, demandeurs d’asile ou déboutés ont bien été orientés vers des structures adaptées à leur situation administrative.

Les ONG crient au scandale. Vendredi 8 décembre, lors d’une réunion avec le ministre de l’Intérieur et celui de la cohésion des territoires, plusieurs associations actives dans l’accueil des migrants (Médecins du Monde, Emmaüs…) avaient quitté la table en dénonçant une logique "de recensement, d’étiquetage et de triage". Selon Christian Reboul, chargé de la question des migrants à Médecins du Monde, "cette politique va accentuer la précarisation des migrants. Ils vont avoir peur de se rendre dans ces centres et vont donc être encore plus nombreux dans la rue", a-t-il assuré à InfoMigrants.   

 

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