Migrants : "Un accent fort est mis sur les reconduites à la frontière"

Le ministre français de l'Intérieur, Gérard Collomb, a défendu lundi sa "politique de raison" face aux 95 000 demandes d'asile reçues cette année en France, justifiant la hausse des expulsions et des contrôles malgré des critiques de plus en plus vives.

La France durcit sa position en matière d'immigration. Gérard Collomb, le ministre français de l'Intérieur, a défendu lundi 18 décembre sa "politique de raison" face aux 95 000 demandes d'asile reçues cette année en France, justifiant la hausse des expulsions et des contrôles, malgré des critiques de plus en plus vives.

Un collectif d'associations comptant notamment la Cimade, Emmaüs et la Fondation Abbé Pierre a saisi lundi le Défenseur des droits, Jacques Toubon, pour que les dernières directives du gouvernement "portant gravement atteinte aux droits fondamentaux" des étrangers soient suspendues, a annoncé une porte-parole de la Fédération des acteurs de la solidarité.

"Un changement complet de notre politique" selon Jacques Toubon

"Ce que le gouvernement veut, c'est davantage d'expulsions : que les personnes qui n'ont pas de titre puissent être éloignés plus réellement et rapidement (...) La situation des personnes vulnérables n'est pas [prise en compte]", a déclaré le Défenseur de droits. "Les personnes qui n'ont pas de titre pourraient être enfermées dans des centres (...) : c'est un changement complet de notre politique", a-t-il estimé.

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Les députés français ont adopté la semaine dernière une proposition de loi autorisant la rétention des migrants relevant du règlement européen dit Dublin III soupçonnés de vouloir échapper à une décision d'expulsion.

En 2016, un quart des demande d'asile ont abouti

En 2016, sur les 85 000 demandes d'asile déposées auprès de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), environ un quart ont abouti, selon les statistiques du ministère de l'Intérieur.

Au micro de RTL, en ce lundi décrété Journée internationale des migrants, Gérard Collomb a justifié pour sa part l'envoi d'"équipes mobiles" pour étudier la situation des migrants dans les centres d'hébergement d'urgence et le cas échéant, leur expulsion.

"Aujourd'hui c'est à peu près 103 000 personnes qui sont dans ces centres, dont, parce qu'on n'arrive plus à les loger, 50 000 à l'hôtel et quelquefois ils sont à l'hôtel depuis 15 ans, ce n'est pas normal évidemment", a-t-il déclaré.

Auteur de plusieurs circulaires invitant les préfectures à accélérer les expulsions des déboutés du droit d'asile, le ministre de l'Intérieur s'est félicité d'une hausse de 14 % de ces expulsions sur les onze premiers mois de l'année.

Lundi, deux grands mouvements chrétiens français,  le Secours catholique (Caritas France) et la Fédération de l'entraide protestante (FEP) ont dénoncé "un renoncement sans précédent aux valeurs et aux traditions humanistes de la République".

Avec AFP

Texte initialement publié sur : France 24

 

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