Image d'illustration d'un sauvetage en Méditerranée. Crédit : Reuters
Image d'illustration d'un sauvetage en Méditerranée. Crédit : Reuters

Lundi 18 décembre, la Suisse a fait un don de 400 000 dollars à la Commission internationale pour les personnes disparues. Objectif : identifier les migrants retrouvés morts sur la route de l’exil.

Recenser les migrants retrouvés morts le long des côtes européennes alors qu’ils tentaient de gagner l’Europe. À l’occasion de la journée internationale des migrants, la Suisse a versé lundi 18 décembre 400 000 dollars à la Commission internationale pour les personnes disparues afin qu’elle mène un programme d’identification des milliers de migrants morts sur la route de l’exil.

Le don du Département fédéral suisse des Affaires étrangères servira à mettre en place ce programme les deux prochaines années, en tentant particulièrement d’identifier les personnes ayant péri lors de la traversée de la Méditerranée.

La Commission, née à la suite des conflits dans l’ancienne Yougoslavie, avait à l’origine pour mission d’identifier les corps de dizaines de milliers de victimes de la guerre des Balkans mais a décidé d’élargir son action aux migrants. Selon la directrice de la Commission, Kathryne Bomberger, quelque 8 000 corps ont échoué sur les rives italiennes rien que ces dix dernières années. 

Basée depuis le 24 octobre dans la capitale des Pays-Bas, elle dispose de laboratoires ultra-modernes permettant de rechercher des personnes disparues grâce à des tests ADN élaborés.

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Un travail en deux phases

Grâce aux fonds suisses, la Commission travaillera en étroite collaboration avec les pays qui ont vu arriver de nombreux migrants le long de ses côtes ses dernières années - l’Italie, la Grèce, Chypre et Malte - pour faire le point de la situation sur le front des personnes disparues. "Les chiffres sont considérables", a confié à l’AFP Kathryne Bomberger, ajoutant que retrouver les proches des personnes disparues "va être difficile".

La première phase du programme va consister à évaluer la situation, recenser le nombre de corps non-identifiés dans ces quatre pays et développer la coopération entre tous les acteurs, pays et agences qui travaillent sur la question.

La deuxième étape, qui devrait débuter après 2019 et pour laquelle des fonds doivent encore être réunis, permettra de récolter des échantillons d’ADN pour les comparer avec ceux des personnes ayant déclaré un proche disparu.

La Commission espère également contribuer à retrouver des milliers d’enfants, susceptibles d’avoir été victimes de trafiquants après avoir perdu leurs parents sur la route.  

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait évalué le mois dernier à 3 033 le nombre de migrants retrouvés morts en 2017 en tentant la traversée de la Méditerranée. Ce chiffre représente un recul de 40% par rapport au nombre record de 5 000 personnes atteint l’an dernier.

 

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