Le Premier ministre belge, Charles Michel. Crédit : Reuters
Le Premier ministre belge, Charles Michel. Crédit : Reuters

Suite à des témoignages de migrants soudanais expulsés de Belgique faisant état de violences subies à leur retour au pays, le gouvernement a décidé de suspendre les expulsions vers le Soudan et demandé une enquête indépendante, avec le soutien de l’OIM.

"Jusqu’à la fin du mois de janvier il n’y aura pas de rapatriement vers le Soudan", a déclaré le Premier ministre belge Charles Michel mercredi 20 décembre sur la chaîne publique RTBF. Cette décision intervient après la publication dans les médias belges de témoignages faisant état de violences subies à leur retour par des migrants soudanais expulsés de Belgique.

Le gouvernement a également demandé une enquête au Soudan, "avec le soutien de l’Organisation internationale des migrations" (OIM) qui permettra de garantir son "indépendance". "Je veux que la clarté soit faite sur cette situation, on ne peut pas accepter qu’il y ait la moindre ambiguïté", a indiqué Charles Michel. Les expulsions vers le Soudan pourraient reprendre une fois que la lumière aura été faite sur cette affaire.

Actes de "torture"

"Ils me demandaient toujours pourquoi j’ai été en Europe. Ma vie est en danger, je reste à la maison, incapable d’en sortir", a témoigné mercredi un prénommé Mohamed dans le journal flamand Het Laatste Nieuws. Un autre Soudanais de 18 ans se présentant comme Kamal dit avoir été "frappé aux pieds avec des bâtons" lors d’un interrogatoire de "deux jours".   

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"Six appels à l’aide" ont ainsi été recensés par l’ONG Timep Europe, basée à Bruxelles, qui a qualifié ces violences d’actes de "torture".

Il n’en fallait pas plus pour relancer la controverse sur la "mission d’identification" menée en septembre en Belgique par des officiels soudanais, à l’invitation sur secrétaire d’État à l’asile et la migration, Theo Francken.

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L’expulsion de Kamal qui figure parmi les Soudanais auxquels ces responsables ont rendu visite dans un centre de rétention belge date de cette époque. Le jeune homme affirme avoir été arrêté "immédiatement après son atterrissage".

Depuis le 1er août, 116 Soudanais ont été placés en centres fermés en Belgique en vue de leur expulsion. Dix d’entre eux ont été renvoyés vers le Soudan et 89 dans le pays européen de première entrée.

En septembre, des élus de l’opposition et des associations de défense des droits de l’homme avaient fustigé la mise sur pied de cette "mission" soudanaise, accusant le gouvernement de "collaborer avec une dictature".

 

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