Osservatore Romano/Handout via REUTERS | Le pape François délivrera son message «Urbi et Orbi» depuis le balcon dominant la place Saint-Pierre.
Osservatore Romano/Handout via REUTERS | Le pape François délivrera son message «Urbi et Orbi» depuis le balcon dominant la place Saint-Pierre.

Comme chaque année le jour de la Nativité, le pape délivrera du balcon de la place Saint-Pierre de Rome son message à la ville et au monde Urbi et Orbi. Dimanche soir, le pape François a célébré la messe de la nuit de Noël dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Dans son homélie, il a rappelé que pour les chrétiens, Dieu s’était incarné dans un petit enfant et dans une famille pauvre, que tout le monde avait rejetée. Une métaphore de notre temps où des nombreux migrants sont forcés de quitter leur terre.

Avec notre correspondant au Vatican,  Olivier Bonnel

Marie et Joseph ont été contraints de quitter leur terre. Puis arrivés à Bethléem, ont fait l’expérience de l’inhospitalité. Ils sont comme les réfugiés d’aujourd’hui. Le pape a fait de la ville natale du Christ une image de notre monde contemporain, parfois trop insensible à ceux qui n’ont rien. Comment ne pas voir dans son homélie une résonnance très actuelle ?

« Dans les pas de Joseph et de Marie, se cachent de nombreux pas, a expliqué le Saint-Père, ceux de familles entières qui, aujourd’hui, se voient obligées de partir. Nous voyons les traces de millions de personnes qui ne choisissent pas de s’en aller mais qui sont obligées de se séparer de leurs proches, sont expulsées de leur terre. Pour beaucoup, a-t-il précisé, ce départ n’a qu’un seul nom, la survie. »

François a invité aussi à partager, célébrer et annoncer la joie de Noël, sans avoir peur : Noël est le temps pour transformer la force de la peur en force de la charité. En s’incarnant, Dieu invite à être des sentinelles pour beaucoup de personnes qui ont cédé sous le poids du désespoir, a aussi relevé le pape.

François qui a souvent fustigé la « mondialisation de l’indifférence » en parlant des migrants a enfin demandé à l’enfant de Bethléem que ses pleurs nous réveillent de l’indifférence et ouvrent nos yeux devant celui qui souffre.

Lieux de fractures et de fragilités

La fête de Noël, au-delà de sa signification religieuse pour les chrétiens, porte une aspiration à la paix, que ce soit dans les familles ou dans les relations internationales. Noël rappelle aussi les souffrances et les défis lancés à notre temps, dans cet esprit de communion universelle voulu par les papes.

Aussi le Vatican pointe-t-il du doigt les lieux de fractures et de fragilités : le Proche-Orient encore sous le choc de la barbarie du groupe EI, les minorités religieuses cibles de l’extrémisme à travers le monde, et puis, en cette fin d'année, Jérusalem et  plus largement la Terre sainte pour reprendre la terminologie religieuse, où  la tension est montée d’un cran après la décision de Donald Trump de désigner Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les réfugiés et les migrants sont au cœur de ce Noël 2017, avec plus d’acuité que les précédents face à l’ampleur du phénomène migratoire et les réactions qu’il suscite en Europe. Le pape devrait appeler à surmonter les peurs et le rejet. Un appel à la conscience que l’on retrouvera dans son message du 1er janvier Journée mondiale de la paix.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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