Crédit : Pixabay
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Depuis la mort par pendaison d’un migrant albanais dans le centre de rétention de Marseille, les projecteurs sont braqués sur ce lieu, à la triste réputation, où s’entassent des dizaines de migrants déboutés en attente de leur expulsion.

Une enquête a été ouverte après le décès par pendaison d’un migrant albanais dans le centre de rétention administrative (CRA) du Canet à Marseille. Il s’appelait Florenc Beqiraj, il avait 22 ans. L’homme – qui était sous le coup d’un OQTF - est décédé, après avoir passé plusieurs jours à l’hôpital ce mois-ci. Il avait tenté de se suicider le 14 décembre.

Selon l’association Forum Réfugiés Cosi, qui est habilitée à se rendre dans le CRA de Marseille pour aider juridiquement les migrants, ce centre a été touché par une série de sept tentatives de suicide en 2017. On parle aussi d’actes d’auto-mutilation, d’agressions.

"L'un des pires CRA de France"

La réputation des lieux est déplorable. Le député de la France insoumise, Bastien Lachaud, qui s’était rendu dans le CRA au cours d’une visite surprise en novembre en dépeint un tableau cauchemardesque. "Certains n’ont pas accès aux soins alors qu’ils le devraient, d’autres ont faim ou froid", avait-il rapporté. "J'ai choisi [de visiter le centre de] Marseille, qui a longtemps eu la réputation d'être l'un des pires CRA de France".

Selon le rapport 2016 des associations qui interviennent dans les CRA, celui du Canet, avec environ 140 places, a accueilli en un an 1 401 migrants, dans leur quasi-totalité des hommes, pour une durée de rétention moyenne de 17 jours. Elles dénoncent le peu de droits de visite effectifs octroyés aux migrants, et diverses restrictions concernant le téléphone, les boissons, les produits d'hygiène...

"Des prestations de type hôtelier"

"[Dans le CRA du Canet], le fonctionnement fait penser au carcéral", explique sous couvert d'anonymat un membre du Forum Réfugiés, contacté par InfoMigrants. "Ce n’est pas normal. Les personnes retenues dans les CRA ne sont pas incarcérées sur décision judiciaire, mais administrative. Ce ne sont pas des voyous".

Le CRA n’est pas, en effet, un lieu carcéral, on y est "retenu" et pas "détenu". Selon le site du ministère de l’Intérieur, "les locaux [des CRA] [doivent offrir] des équipements et des prestations de type hôtelier qui doivent répondre aux normes fixées par l’article R. 553-3 du CESEDA" avec des "prestations de restauration collective" et des "locaux de loisirs et de détente".

Il existe à ce jour, 25 centres de rétention administrative sur le territoire français. Selon l'AFP, le gouvernement d’Emmanuel Macron souhaiterait allonger la durée maximale de rétention à 90 jours – contre 45 actuellement. Une mesure qui suscite l’indignation de nombreuses ONG.


 

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