Le nombre de migrants arrivés en Espagne en 2017 a triplé par rapport à l'an dernier. Crédit : Reuters
Le nombre de migrants arrivés en Espagne en 2017 a triplé par rapport à l'an dernier. Crédit : Reuters

En 2017, les migrants ont été de plus en plus nombreux à atteindre les côtes espagnoles. Près de 21 500 personnes ont atteint l'Espagne cette année, contre un peu plus de 6 000 en 2016. Les Marocains, les Algériens et les personnes originaires d’Afrique subsaharienne empruntent de plus en plus souvent cette voie pour atteindre l’Europe.

Les chiffres du dernier rapport de l’Organisation internationale des migrations (OIM) sont sans appel : de plus en plus de migrants ont débarqué sur les côtes espagnoles au cours des 12 derniers mois. Du 1er janvier 20 décembre 2017, près de 21 500 personnes sont en effet arrivés sur la péninsule ibérique, contre un peu plus de 6 000 l’an dernier. Un chiffre qui a donc triplé en un an. "Nous subissons une pression migratoire dans toute la zone de la Méditerranée", a reconnu à la radio jeudi 28 décembre le ministre espagnol de l’Intérieur, le conservateur Juan Ignacio Zoido.

Ces dernières années, une grande partie des migrants arrivés par bateau en Espagne étaient originaires d’Afrique subsaharienne. Mais cette année, le nombre d’Algériens et de Marocains prenant la mer en direction des côtes espagnoles a considérablement augmenté.

Les Marocains et Algériens de plus en plus nombreux

Un phénomène qui, pour l’Algérie, peut s’expliquer par des difficultés économiques, détaille Carlos Arce, de l’association pour les droits humaines en Andalousie (APDHA) : "La situation économique en Algérie s’est détériorée au cours des trois derniers années". Le pays a en effet enduré, entre autre, une baisse des prix du pétrole, dont il tire 95% de ses revenus en devises.

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Au Maroc, le mouvement de contestation populaire débutée fin 2016 dans la région du Rif (au Nord du royaume) a pu avoir des conséquences sur l’augmentation des départs depuis le territoire marocain. Les forces policières semblent avoir été "plus concentrées sur la répression que sur le contrôle migratoire", estime encore Carlos Arce, ce qui aurait facilité le départ d’embarcations. "Les Marocains utilisent toutes sortes de méthodes pour gagner l’Espagne (par la mer) tels les jets skis, planches de surf, bateaux gonflables et embarcations en vois, transportant parfois plus de 60 personnes", a constaté le HCR.  

Diminution des arrivées en Grèce et Italie

Parallèlement, le flux diminue vers l’Italie et la Grèce. Si le territoire italien reste la principale porte d’entrée des migrants en Europe, avec quasiment 119 000 arrivées en 2017, le pays a vu ces chiffres baisser de plus d’un tiers par rapport à 2016.

Puis vient la Grèce avec 28 800 arrivées, soit six fois moins qu’en 2016. En cause, la signature d’un accord entre l’Union européenne et la Turquie pour bloquer l’arrivée de migrants. Cet accord reste vivement critiqué par un grand nombre d’ONG qui estiment que son unique ambition est de maintenir ces personnes hors d’Europe, plutôt que d’améliorer leur sort. Son efficacité est également contestée par Estrella Galan, secrétaire générale de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR), qui estime que l’augmentation des arrivées en Espagne "démontre que quand une route migratoire se ferme, une autre est activée".

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