Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, le 21 décembre 2017, à Varsovie. Crédit : REUTERS/Kacper Pempel
Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, le 21 décembre 2017, à Varsovie. Crédit : REUTERS/Kacper Pempel

Dans une interview à la télévision publique, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a déclaré qu’en matière de politique migratoire, il se tiendrait à l’avis de sa prédécesseur et refuserai d’accueillir des migrants "issus de pays d’Afrique ou du Moyen-Orient".

La Pologne ne changera pas de position sur l’accueil des migrants. Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, investi début décembre, a rappelé dans une interview à la télévision publique qu’il entendait poursuivre la politique du gouvernement précédent.

"Nous sommes assurément du côté de ce qui a été dit par le Parti Droit et Justice (PiS) lors des élections de 2015, à savoir, que nous n’accueillerons pas de migrants issus de pays d’Afrique ou du Moyen-Orient", a-t-il déclaré.

En visite en Hongrie mercredi 3 janvier, le Premier ministre polonais a réaffirmé cette position aux côtés de son homologue hongrois, Viktor Orban, lui aussi farouchement opposé aux quotas obligatoires de répartition de migrants au sein de l'Union européenne.

"La politique migratoire européenne ne fonctionne pas, c'est un échec spectaculaires. Il est clair que les peuples européens ne veulent pas d'immigration, même si plusieurs dirigeants continuent à promouvoir cette politique qui a échoué", a déclaré ce-dernier.

La Pologne ainsi que la Hongrie et la République tchèque avaient été renvoyés devant la Cour de justice européenne début décembre ne pas avoir rempli leurs obligations en termes d’accueil de réfugiés. "La Pologne n'a procédé à aucune relocalisation ni offert aucune place depuis décembre 2015", explique notamment la Commission dans un communiqué, cité par RFI.

Interrogé sur ce point, Mateusz Morawiecki a assuré que Varsovie avait déjà accueilli "des dizaines de milliers de réfugiés ukrainiens, peut-être même une centaine de milliers, mais nous ne leur accordons pas le statut de réfugié".

Une immigration pas nouvelle mais en hausse

Aujourd’hui, "plus d’un million d’Ukrainiens vivent en Pologne […] avec un permis de travail temporaire", selon un article du Monde. 116 000 autres bénéficieraient d’une autorisation de résidence à long terme.

Pour Marta Jaroszewicz, spécialiste des migrations au Centre d’études orientales (OSW), un think tank indépendant financé par l’État, interrogée par Le Monde, "l’immigration ukrainienne vers la Pologne n’est pas nouvelle, mais les combats, puis la récession qui a suivi, ont relancé le phénomène".

Reste que Bruxelles n’accepte pas ce "tri" parmi les migrants. La Commission européenne a, par ailleurs, déclenché le 20 décembre l’article 7 du traité de l’Union européenne, estimant qu'"il y a un risque clair d’une violation grave de l’État de droit en Pologne".

L’article 7 peut déboucher, au terme d’une procédure complexe, sur une suspension des droits de vote au sein du Conseil de l’Union.


 

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