Image d'archives de migrants en Libye. Crédit : Reuters
Image d'archives de migrants en Libye. Crédit : Reuters

Lors d'une visite en Libye, le ministre des Affaires étrangères nigérian a déclaré vouloir rapatrier au plus vite les quelque 5 000 migrants originaires du Nigéria bloqués dans les centres de rétention libyens.

Sortir au plus vite ses concitoyens coincés dans l’enfer libyen. Telle est la volonté du ministre des Affaires étrangères nigérian qui a annoncé samedi 6 janvier à Tripoli son intention d’accélérer le rapatriement de ses ressortissants de Libye.  

Geoffrey Onyeama a indiqué lors d’une conférence de presse que le Nigeria allait affréter plusieurs avions pour rapatrier rapidement les migrants. Ainsi, samedi, deux avions ont permis de ramener 800 personnes au pays alors que plusieurs vols étaient également prévus les jours suivants.  

Lors de sa visite sur le territoire libyen, le ministre dit avoir visité deux centres de détention de migrants, où il a pu rencontrer un certain nombre de ses compatriotes. "La réalité est qu’un grand nombre de ces Nigérians ici ont beaucoup souffert et ont traversé une expérience extrêmement traumatisante", a-t-il déploré, ajoutant que "l’objectif principal est de ramener ces Nigérians à la maison le plus vite possible". 

Des centaines de migrants dans la nature ou dans des prisons clandestines

Geoffrey Onyeama a aussi assuré que son pays avait fourni "tous les moyens nécessaires pour rapatrier tous les Nigérians". Le gouvernement nigérian estime à 5 000 le nombre de ses ressortissants encore "bloqués" dans des endroits "accessibles au services consulaires". Mais des centaines d’autres sont probablement dans la nature ou détenus dans des centres hors du contrôle des autorités libyennes. Le ministre a reconnu la difficulté d'entrer en contact avec eux. 

Suite au scandale suscité mi-novembre après la diffusion d’un reportage de la chaîne américaine CNN montrant des migrants vendus aux enchères et réduits à l’esclavage, le Nigéria, comme d'autres pays d'Afrique, s’était déjà engagé à rapatrier 250 migrants chaque semaine. Quelques jours après la polémique, les autorités nigérianes avaient rapatriées 1 300 personnes, contre seulement 634 entre décembre 2016 et mars 2017.

Géant de 190 millions d’habitants, le Nigéria est le premier pays d’émigration illégale de l’Afrique de l’ouest. Il était régulièrement montré du doigt par l’Union européenne pour son refus de rapatrier ses ressortissants, mais récemment des accords de partenariat ont été négociés pour faciliter ces retour. En 2017, un programme de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a permis le retour volontaire de près de 20 000 migrants africains vers leurs pays d’origine, selon les statistiques de l’agence onusienne.

 

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