À Lampedusa, quatre migrants se sont cousus la bouche. Crédit : Ansa
À Lampedusa, quatre migrants se sont cousus la bouche. Crédit : Ansa

Une quarantaine de Tunisiens est en grève de la faim depuis plusieurs jours sur l’île italienne de Lampedusa. Parmi eux, quatre se sont même cousus la bouche. Ils réclament tous la fin des expulsions vers leur pays d’origine.

Depuis la semaine dernière, 42 migrants tunisiens bloqués sur l’île italienne de Lampedusa ont entamé une grève de la faim. Quatre d’entre eux se sont même cousus la bouche. Une action radicale pour protester contre leur expulsion et demander leur transfert en Sicile.

La procédure veut que quand un migrant atterri à Lampedusa, il ne reste que quelques jours sur place avant d’être orienté vers la Sicile où il peut déposer sa demande d’asile. Mais les Tunisiens, contrairement aux migrants d’autres nationalités, restent coincés sur l’île italienne pendant des jours, voire des semaines, et sont rapatriés dans leur pays sans avoir pu demander l’asile.

"Un accord a été signé par l’Italie et la Tunisie pour renvoyer les ressortissants tunisiens dans leur pays", explique à InfoMigrants Moncef Guedouar de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR). "Le ministère tunisien des Affaires étrangères nie l’existence d’un tel accord mais comment expliquer que tous les Tunisiens qui arrivent à Lampedusa sont renvoyés chez eux ?", s’interroge-t-il.

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Selon Valentin Bonnefoy du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), "il y a entre 60 et 80 expulsions de Tunisiens par semaine, généralement le lundi et le jeudi matin". Une situation qui engendre des tensions et peut conduire à des drames. En novembre dernier, un Tunisien qui avait accepté d’être renvoyé chez lui s’est suicidé. Les défenseurs des droits des migrants présents sur place avaient alors expliqué son geste par des graves troubles psychologiques qui se seraient aggravés lors de sa détention à Lampedusa.

Le FTDES insiste sur le "respect des traités internationaux garantissant la liberté de mouvement, rejette les expulsions forcées et exige que les vagues de migration soient traitées avec une approche humaine et loin des approches sécuritaires".

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Depuis quelques mois, les Tunisiens sont de plus en plus nombreux à tenter d’atteindre l’Europe en raison de la mauvaise situation économique et sociale du pays. En 2017, plus de 5 000 personnes originaires de Tunisie sont arrivées par bateau en Europe, soit cinq fois plus qu’en 2016. "La majorité vient des quartiers populaires de la banlieue de Tunis", note Ramadan Ben Omar, porte-parole du FTDES.

 

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