Claire Rodier, présidente du Gisti. Crédit : capture d'écran France 24
Claire Rodier, présidente du Gisti. Crédit : capture d'écran France 24

Claire Rodier, présidente du Gisti, la plateforme d’aide juridique aux migrants, est revenue sur le contenu du projet de loi "asile et immigration" du gouvernement qui, selon elle, complique considérablement l’accueil des personnes ayant besoin de protection.

Dans une interview à France 24, Claire Rodier, présidente du Gisti, Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s, s’est penchée sur les mesures du gouvernement pour réformer la loi sur l’asile et l’immigration.

Présenté comme "équilibré" par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, le texte serait au contraire "une tromperie", selon la présidente du Gisti. Le gouvernement prévoit de réduire les délais de procédure d’asile : le dépôt d'une demande d'asile passerait de 4 mois à 3 mois, l'instruction des dossiers (par l'Ofpra et/ou CNDA) de 14 mois à 6 mois. En cas de refus de l’asile, les demandeurs n’auront plus que 15 jours pour faire appel de la décision – contre un mois auparavant.

Selon Gérard Collomb, cette mesure va permettre aux migrants de passer moins de temps à la rue ou dans la précarité, et les intégrer plus rapidement dans la société - une fois le statut de réfugié obtenu. Pour les autres, les déboutés, ils repartiront plus rapidement également dans leurs pays d'origine sans avoir eu le temps de "perdre leurs racines familiales". Des arguments peu convaincants, selon Claire Rodier. "Le fait de raccourcir [ces délais], même si ça a l’air pratique comme ça, c’est surtout utile pour faire sortir les gens de la procédure d’asile", précise-t-elle.

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"Tout est fait pour que tout aille très vite", ajoute Claire Rodier. "On ne laisse pas aux gens le temps de se poser. Or, quand on est demandeurs d’asile, il faut du temps pour se poser, pour [exorciser] les traumatismes de l’exil, et comprendre les arcanes du dispositif français".

 

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