Jusqu'à présent, ce sont les ONG qui assuraient la distributions des repas. Crédit : Mehdi Chebil
Jusqu'à présent, ce sont les ONG qui assuraient la distributions des repas. Crédit : Mehdi Chebil

Les ONG de Calais ne prennent plus en charge les distributions de nourriture à partir de ce mardi. C'est désormais l'État qui assure ce service via l'association La Vie Active. Les associations restent sur leurs gardes mais se disent toutefois satisfaites que l'État "prenne enfin ses responsabilités".

À compter du mardi 6 mars, l’État français s’occupe de la distribution des repas pour les migrants à Calais. Le préfet du Pas-de-Calais a annoncé qu’environ 700 repas vont être distribués quotidiennement (350 rations le matin et le soir). Un chiffre "ajustable en fonction des besoins", précise-t-on au service de presse de la préfecture.

La distribution de ces repas se déroule à l'aide de deux camionnettes aménagées, sur deux sites identifiés :

- La zone d'activité du Virval (près de centre hospitalier)

- La rue des Huttes

Ces sites de distribution sont "sécurisés" et les distributions encadrées par des forces de l'ordre. Des "préaux démontables" ont également été installés pour permettre aux migrants de se mettre à l'abri le temps des repas.

"Ces sites sont situés dans la périphérie de Calais, car nous n'envisageons pas de distributions de repas dans la partie plus centrale de la ville", a indiqué le préfet. Une décision qui chagrine  l'Auberge des migrants. "Nous avions un point de distribution de nourriture, place de Norvège, dans le centre de Calais, pour une cinquantaine de migrants. C’est embêtant de l’avoir supprimé", explique François Guennoc, vice-président de l’association. "Les nouveaux points de rendez-vous sont loin. Les personnes qui vivent dans le centre-ville vont avoir des difficultés à s’y rendre".

  Deux distributions sont prévues chaque jour :

-         Un petit-déjeuner entre 09h et 11h (avec boissons chaudes, fromage, pain, beurre, confiture, laitage, fruits)

-         Un repas chaud entre 15h et 18h, constitué de "deux rations" qui doivent correspondre "aux besoins nutritionnels d'un homme jeune majeur", a détaillé le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry. Les repas seront constitués de viande, féculents, légumes, pain, fruits et laitage. L'accès à l'eau potable sera assuré sur les lieux de distributions.

L’association La Vie active gère déjà plusieurs dispositifs pour les migrants à Calais, notamment les points d'eau, les douches, et le dispositif de mise à l'abri des réfugiés dans le cadre du plan Grand froid.

"C’est une bonne nouvelle que l’État prenne en charge les repas", souligne Charlotte, bénévole à l’association Utopia 56. "On se bat depuis longtemps pour que le gouvernement prenne ses responsabilités."

Jusqu’à présent, les distributions de nourriture étaient principalement assurées par l'Auberge des migrants, Utopia 56, RCK (Refugee community kitchen) et Salam. Les associations restent toutefois sur leurs gardes. "Nous laissons la place à l’État mais nous observerons le déroulé des événements. Si les rations de nourriture ne sont pas suffisantes, si les quantités manquent, si les gens ont faim ou que les choses se passent mal de manière générale, nous interviendrons", précise Charlotte, d’Utopia 56.

Les associations espèrent aussi que les distributions se passeront sans heurt, ni violence. "Nous avions cinq points de distributions parce que nous évitions de mêler certaines communautés entre elles. Il y avait une distribution pour les Afghans principalement, une autre pour les Érythréens, par exemple. Parfois, les tensions entre les migrants sont très fortes, et les choses tournent mal, on l’a vu récemment [lors des heurts à Calais, le 1er février, où quatre personnes ont été blessées par balles]", rappelle la bénévole.

Selon la préfecture, quelque 350 migrants vivent actuellement à Calais et aux alentours dans l'espoir de rejoindre la Grande-Bretagne. D'après les associations, ils sont entre 500 et 600.


 

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