Un des membres du groupe Freital arrive au tribunal de Dresde, le 7 mars. Crédit : Reuters
Un des membres du groupe Freital arrive au tribunal de Dresde, le 7 mars. Crédit : Reuters

Huit membres d'un groupuscule néo-nazi allemand ont été condamnés mercredi à des peines de quatre à dix ans de prison pour des attaques jugées "terroristes" contre des réfugiés en 2015, en pleine crise migratoire.

Ils sont sept hommes et une femme, âgés de 20 à 40 ans. Ils appartiennent au "groupe Freital", du nom d’une petite ville de Saxe, un groupe considéré comme une "organisation terroriste" par l'Allemagne. Le tribunal de Dresde les a tous condamnés, mercredi 7 mars, à des peines de prison.

Les huit membres sont accusés d’avoir mené cinq attentats à l'explosif entre juillet et novembre 2015 contre des foyers de réfugiés et des militants de gauche. Selon l'accusation, ils étaient parfaitement conscients du risque mortel de leurs actions. Leur engagement politique varie "de simples sympathisants à ceux ayant une posture extrémiste nationale-socialiste prononcée", a expliqué le président du tribunal Thomas Fresemann. Ils ont agi "avec une brutalité croissante", a-t-il ajouté.  

Plusieurs accusés ont reconnu les faits et se sont excusés. Leurs avocats ont rejeté toute intention terroriste, affirmant que les attaques étaient "spontanées" – donc, non-préméditées. Selon plusieurs avocats, la qualification de "terrorisme" s’applique à toute personne revendiquant son action au nom d’un groupe, d’un collectif. La préméditation n'est donc pas prise en compte pour définir un "crime terroriste".

Le cerveau supposé du groupe, Timo Schulz, un conducteur de bus qui s'est tu pendant le procès, a été condamné à la peine la plus lourde, 10 ans de détention. Patrick Festing, un livreur de pizza devenu l'expert en explosif du groupuscule, s'est dit "désolé" au procès mais il a tout de même été condamné à neuf ans et demi de réclusion. La seule femme, Maria Kleinert a écopé de son côté d'une peine de cinq ans et demi.

Les faits se sont tous déroulés en Saxe, berceau du mouvement islamophobe et anti-réfugiés Pegida qui était alors l'épicentre de l'hostilité aux migrants. La groupe Freital faisait alors les gros titres pour ses manifestations houleuses, émaillées de slogans racistes et de saluts hitlériens.

Dans le sillage de l'arrivée de centaines de milliers de demandeurs d'asile en 2015, les attaques contre les réfugiés ou les foyers de demandeurs d'asile se sont multipliées en Allemagne. En 2017, 2 219 attaques contre les réfugiés ou des foyers de demandeurs d'asile ont été recensées, en baisse néanmoins par rapport aux 3 500 enregistrées en 2016.  Pour rappel, l'Allemagne a accueilli 890 000 demandeurs d’asile en 2015, au plus fort de la crise des réfugiés en Europe.

Dans le seul État-région de Saxe, l'association d'aide aux victimes RAA a dénombré 437 agressions racistes en 2016 après 477 en 2015. C'est aussi en Saxe, où le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) enregistre ses scores les plus élevés, qu'un groupuscule néo-nazi, NSU, fut créé à la fin des années 1990 et assassina durant plusieurs années des immigrés dans tout le pays.

 

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