Bertrand GUAY / AFP | Plus de 2000 migrants ont été évacués d'un campement porte de la Chapelle à Paris, en 18 août 2017 (photo d'illustration).
Bertrand GUAY / AFP | Plus de 2000 migrants ont été évacués d'un campement porte de la Chapelle à Paris, en 18 août 2017 (photo d'illustration).

"Les frontières tuent", ont-ils écrit sur leur pancartes, ou encore "Les migrants à l'Elysée, Macron dans la Méditerranée". Un millier de personnes a manifesté, dimanche 15 avril, devant l'Assemblée nationale pour demander l'abandon du projet de la loi asile-immigration, dont l'examen débute ce lundi à l'Assemblée nationale. Pour ces manifestants, cette loi signifie un net recul des droits des réfugiés et la dégradation de leurs conditions de vie. Reportage.

« C’est une loi qui est carrément honteuse pour la France .» Michèle Carl est bénévole à France terre d'asile. Elle accompagne des réfugiés mineurs dans leurs démarches. « Quand on est face à des jeunes qui ont vraiment vécu des souffrances terribles et qui continuent à être coupés de tout, d’entendre le discours de la France aujourd’hui, eh ben je trouve cela honteux et ignoble »

C'est une loi répressive, estiment les associations et syndicats qui ont appelé à manifester ce dimanche. Héloïse Mary est la présidente de l'association BAAM (Bureau d'accueil et d'accompagnement des migrants).

« Rien ne va dans cette loi, dit-elle. Il y a quelques articles qui sont assez évocateurs, c'est notamment les articles qui augmentent les délais de rétention, les articles qui font passer la retenue administrative à 24 heures, les articles qui criminalisent les migrants. Tous ces articles-là sont faits pour empêcher les migrants de demander l’asile ou tout simplement d’être régularisés en France. »

De nombreux députés de l'opposition partagent cette analyse. Et même certains députés de La République en marche (LREM) ont exprimé des réticences. Il n'empêche, le gouvernement dispose d'une très large majorité à l'Assemblée nationale et la loi devrait normalement être adoptée très prochainement.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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