Le procès du réseau des Authentic sisters s’est ouvert lundi à Paris. Seize personnes, dont onze femmes, sont jugées pour traite d'êtres humains et proxénétisme aggravé. Elles sont accusées d’avoir recruté au Nigeria des jeunes femmes en leur faisant miroiter des études et des emplois en France pour ensuite les forcer à se prostituer.

Il y a une grande majorité de femmes sur le banc des accusés dans le procès des Authentic sisters. Onze femmes et cinq hommes comparaissent depuis lundi 14 mai devant le tribunal correctionnel de Paris pour traite d'êtres humains et proxénétisme aggravé. Leur procès doit durer jusqu’au 30 mai.

Ils sont soupçonnés d’avoir fait venir illégalement en France de jeunes Nigérianes et de les avoir forcées à se prostituer, entre 2013 et 2016. Selon les enquêteurs de la brigade de répression du proxénétisme (BRP), une cinquantaine de femmes auraient été victimes de ce réseau, dont des mineures.

C’est la plainte de l’une d’elles, déposée en octobre 2014, qui a lancé l’enquête de la BRP. La jeune femme avait raconté avoir été recrutée au Nigeria par une femme qui lui avait promis qu’elle pourrait poursuivre ses études en France. Une fois arrivée, elle avait été contrainte de se prostituer à raison de plus d’une dizaine de clients par jour pendant un an et demi.

Parmi les victimes, seules sept se sont constituées parties civiles et elles n’étaient que deux à être présentes à l’audience lundi.

Rituel du "juju"

Selon l’enquête réalisée par la BRP, c’est le rituel du "juju" qui se trouvait à la base du recrutement des jeunes femmes. Avant de quitter le Nigeria, elles devaient se soumettre à cette pratique censée leurs assurer réussite et richesse en échange de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Une jeune femme l’avait raconté aux policiers, rapporte l’Express qui publie certains de ses propos : "Je devais jurer sur les ayelalas [divinités] que j'allais travailler pour Mama Alicia et suivre les instructions de Mama DJ, sinon l'ayelala me tuerait. J'ai dû manger le coeur cru de la poule. J'étais nue. [Le sorcier] a mis du sang sur mon corps [...] J'ai tellement eu peur que j'y ai cru."

La "mama Alicia" dont parle cette jeune femme s’appelle en réalité Happy Iyenoma. Cette Nigériane de 36 ans a comparu libre lundi. Elle avait été libérée vendredi en raison d’une erreur de procédure.

Les seize personnes, jugées au tribunal correctionnel de la Paris, encourent jusqu’à 10 ans de prison et 1 million d’euros d’amende. Le procès se poursuit jusqu’au 30 mai.

 

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