Environ 1600 personnes dans le camp dit du Millénaire, près de la porte de la Villette, à Paris. Crédit : InfoMigrants
Environ 1600 personnes dans le camp dit du Millénaire, près de la porte de la Villette, à Paris. Crédit : InfoMigrants

Plusieurs dizaines d’associations du secteur social ont signé une pétition rendue publique jeudi. Elles dénoncent les conditions de vie des migrants installés dans plusieurs campements parisiens et appellent le gouvernement à les mettre à l’abri de toute urgence.

Dans une pétition publiée jeudi 17 mai, près de quarante associations et syndicats du secteur social appellent le gouvernement à mettre à l’abri les migrants qui vivent dans le camp dit du Millénaire, porte de la Villette, mais aussi le long du canal saint martin ou encore au bord des périphériques Nord et Sud. En tout, environ 2 400 personnes vivent ces différents campements dans des conditions plus que précaires, dont 1600 dans le camp du Millénaire.

Les associations signataires de la pétition rappellent que des drames ont déjà eu lieu et que d’autres sont à prévoir si la situation ne s’améliore pas. Un jeune Soudanais a été gravement blessé au cours d’une rixe dimanche sur le camp du Millénaire. Un migrant a été retrouvé mort noyé dans le canal saint Martin la semaine dernière et un autre corps avait déjà été repêché le 6 mai dernier dans le canal saint Denis sans pouvoir être identifié.

"Ce qui nous inquiète, c’est qu’il y ait de plus en plus de violence dans ces campements", a affirmé à InfoMigrants Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs solidarité, l’une des associations signataires de la pétition. "En même temps, elle est compréhensible. À partir du moment où on laisse gens dans une telle situation, c’est normal que les choses dégénèrent", ajoute-t-il. "Chaque centimètre carré disponible est prétexte à tensions dans un climat d’extrême précarité", affirme le texte de la pétition mise en ligne sur le site change.org.

"Une opération d’évacuation policière serait extrêmement dangereuse"

Les associations réclament "une opération de mise à l’abri humanitaire d’urgence garantissant un hébergement digne dans la durée, avec accompagnement social et sanitaire". "Ce que nous voulons, c’est que tout le monde s’assoie autour d’une table, car le pourrissement n’est pas une option en République", a déclaré Pierre Henry, directeur général de France Terre d'Asile interrogé par La Croix.

Des rumeurs d’évacuation du camp par la police ont circulé ces dernières semaines. Mais, pour Bruno Morel, cette solution serait catastrophique. "J’insiste sur le fait que ce que nous demandons, c’est une opération de mise à l’abri. Une opération d’évacuation policière serait extrêmement dangereuse", souligne-t-il.

Depuis plusieurs semaines, la mairie de Paris et le gouvernement s’affrontent sur le dossier des migrants à Paris. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a rappelé à plusieurs reprises au gouvernement son "devoir humanitaire". Le 9 mai, le ministère de l’Intérieur lui a répondu en l’invitant à  "entamer les procédures judiciaires" pour permettre à l’État de "mener à bien" une évacuation.

Deux jours plus tard, Anne Hidalgo a fait appel au Premier ministre pour l'alerter sur l'"impasse" des campements de migrants à Paris et demander "une opération de prise en charge".


 

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