L'une des photos prise par Abdul Saboor sur la route de l'exil qui fera partie de l'exposition.
L'une des photos prise par Abdul Saboor sur la route de l'exil qui fera partie de l'exposition.

De l'Afghanistan à la France, en passant notamment par la Serbie, Abdul Saboor a documenté son parcours migratoire en photos. Il expose ce week-end son travail à Paris, dans le 19e arrondissement.

Abdul Saboor, 25 ans, est arrivé en France en octobre 2017, après deux ans de voyage. Smartphone à la main, il a immortalisé en photos son périple vers l'Europe sur la route des Balkans.

À son arrivée à Paris, son travail est remarqué par l'équipe de L’Atelier des artistes en exil, une association visant à soutenir la créativité des artistes demandeurs d'asile dans la capitale française. Il est alors invité en janvier à présenter ses clichés au ministère de la Culture dans le cadre de l'exposition "Les Vitrines de L’Atelier des artistes en exil".

>> À lire sur InfoMigrants : À Paris, un atelier de création pour les artistes en exil

Depuis, il est régulièrement sollicité sur Facebook. "Je reçois souvent des messages pour savoir si je peux venir montrer mes photos. Je trouve ça important de pouvoir montrer ce que moi j'ai pu documenter, afin aussi que les gens puissent se rendre compte de ce que nous avons traversé", se félicite Abdul Saboor, contacté au téléphone par la rédaction d'InfoMigrants.

Ce weekend, samedi 16 et dimanche 17 juin, c'est dans le 19e arrondissement qu'il accrochera ses clichés, à l'Utopicerie*, un local de l'association des Habitants de la Butte Bergeyre. "J'ai remarqué le travail d'Abdul sur les réseaux sociaux et je l'ai tout simplement contacté, d'abord via des amis à lui, et je lui ai proposé de venir exposer dans notre local", explique Elisabeth Kessedjian, membre de l'association.

Abdul Saboor y présentera notamment ces photos prises en Serbie, pays dans lequel il est resté bloqué pendant plus d'un an. Il vivait alors avec des centaines d'autres demandeurs d'asile dans des bâtiments désaffectés près de la gare de Belgrade. En janvier 2017, selon Amnesty International et Médecins sans frontières, entre 1 200 et 2 000 migrants originaires principalement d'Afghanistan et du Pakistan avaient passé l'hiver dans ces entrepôts insalubres de la capitale serbe, où les températures pouvaient atteindre les -20 degrés.

Face à ces conditions extrêmes, la photographie a été pour Abdul Saboor une échappatoire : "C'était tellement dur, et j'avais l'impression que personne n'était vraiment au courant de ce que l'on vivait, même certains habitants de la ville. Au début, il n'y avait pas non plus de journalistes, ou alors ils ne restaient pas assez longtemps pour vraiment réaliser. Alors j'ai commencé à prendre des photos avec mon téléphone et à les publier sur une page Facebook où je me faisais appeler John Refugee", se souvient le jeune afghan.

>> À lire sur les Observateurs : Engelures, insalubrité et impasse administrative : l’enfer quotidien des migrants en Serbie

 

Informations pratiques * :
Exposition - "The barracks", photographies d'Abdul Saboor
En accès libre le 16 juin à partir 14h et le 17 juin de 11h à 19h
L'Utopicerie, 7 rue Rémy de Gourmont , Paris 75019

Plus d'informations sur Facebook.


 

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