Vue aérienne de Lagos, la plus grande ville du Nigeria. Crédit : flickr
Vue aérienne de Lagos, la plus grande ville du Nigeria. Crédit : flickr

John* a été arrêté et placé en garde à vue cet été pour homosexualité avant d’être finalement libéré sous caution. Aujourd’hui menacé de mort par sa communauté, il vit caché et pense quitter son pays.

"Je vis au Nigeria. Il a quelques mois, j'ai été arrêté pour homosexualité. J'ai été torturé et placé en garde à vue pendant deux semaines. L'affaire a été portée devant un tribunal. Je devais être condamné à 14 ans d'emprisonnement, mais j'ai pu obtenir un avocat pour me défendre devant le tribunal. J'ai été en mesure de rassembler les conditions de la mise en liberté sous caution et j'ai été libéré sous caution.

Ma communauté voulait que le tribunal me condamne à une lourde peine mais j’ai finalement gagné mon procès car aucune preuve ne permettait d’étayer les déclarations des policiers.

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Depuis, je vis caché chez une connaissance. Je n’ai pas pu retourner chez moi, ni gérer mon entreprise alors que je suis entrepreneur. Les membres de ma communauté ont menacé de me tuer et de me brûler avec des pneus s’ils me voient. Heureusement, ma famille ne m’a pas renié et m’apporte des vêtements et de la nourriture. Elle m’aide aussi à trouver des lieux sûrs où je peux être en sécurité.

J’ai été averti que certaines personnes se sont introduites chez moi, et qu’elles sont encore à ma recherche. Ma vie est en danger.

Je suis condamné à vivre dans la solitude. Je n’ai personne à qui parler. Personne ne veut être vu en ma compagnie. Je ne peux même pas sortir de l’endroit où je suis hébergé actuellement.

L’homosexualité est illégale en Nigeria et peut être punie d’une peine de prison allant jusqu’à 30 ans. Cela ne devrait pas être le cas. Il s’agit de la vie privée des gens.

Aujourd’hui, j’envisage de quitter le Nigeria pour débuter une nouvelle vie ailleurs. Je pense peut-être aller en Afrique du sud, en Amérique ou en Europe. Là-bas, les gens ne sont pas punis pour leur homosexualité. Ils peuvent vivre la vie qu’ils souhaitent."

*Le prénom a été modifié