Éric Zemmour, lors d'une conférence de presse à Paris, le 10 janvier 2022. Crédit : Reuters
Éric Zemmour, lors d'une conférence de presse à Paris, le 10 janvier 2022. Crédit : Reuters

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné lundi Éric Zemmour à 10 000 euros d'amende pour ses propos sur les mineurs isolés en 2020. Le candidat d'extrême-droite à la présidentielle française était jugé pour avoir qualifié les mineurs isolés de "voleurs", "assassins" et "violeurs" sur la chaîne CNews. Il a annoncé faire appel.

Le candidat à la présidentielle française de 2022, Éric Zemmour, a été condamné, lundi 17 janvier, à payer 10 000 euros d'amende pour avoir qualifié les mineurs isolés en France de "voleurs", "assassins" et "violeurs", ont déclaré à Reuters les avocats des parties civiles au procès.

>> À (re)lire : Contrairement à l'affirmation de Zemmour, les demandeurs d’asile ne coûtent pas "une fortune" aux Français

Absent à l'audience, le polémiste d'extrême-droite était jugé pour injure à caractère racial et provocation à la haine. Il a été condamné à une peine de 100 jours-amende à 100 euros, soit 10 000 euros d'amende, avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement. Ce verdict du tribunal correctionnel de Paris correspond aux réquisitions du parquet présentées en novembre. Éric Zemmour n'avait pas non plus assisté à cette audience.

"Un projet de haine"

Cette condamnation concerne ses propos datant du 29 septembre 2020. Sur le plateau de l'émission "Face à l'info", diffusée sur CNews, Éric Zemmour, alors chroniqueur vedette de la chaîne, s'était exprimé au sujet des mineurs isolés, après un attentat devant les ex-locaux du journal Charlie Hebdo.

"Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent", avait-il déclaré. "C'est une invasion permanente", "c'est un problème de politique d'immigration", avait-il ajouté.

>> À (re)lire : France : pourquoi l’immigration est le faux problème du débat présidentiel

Jugé au côté d'Éric Zemmour, le directeur de la publication de CNews a, lui, été condamné à 3 000 euros d'amende, selon les parties civiles. Parmi ces dernières figuraient une trentaine d'associations, dont SOS Racisme, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), mais aussi une vingtaine de Conseils départementaux, notamment chargés de prendre en charge les mineurs isolés sur le sol français.

"C'est une décision importante car derrière ce projet médiatique, il y a un projet politique, un projet de haine qui tend à stigmatiser les personnes en raison de leur origine, de leur confession, de leur race", a réagi Arié Alimi, avocat de la LDH.

"Les mineur.e.s étranger.e.s isolé.e.s qui viennent demander protection en France, ainsi que toutes celles et ceux qui travaillent du mieux possible à leur offrir, ne sont pas et ne seront jamais les boucs émissaires utiles d'une quelconque ambition présidentielle", a affirmé, de son côté, Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

Troisième condamnation pour provocation à la haine

Dans un communiqué, Éric Zemmour a immédiatement dénoncé "une condamnation idéologique et stupide" et, par le biais de son avocat Olivier Pardo, a annoncé qu'il allait faire appel.

"D'abord parce que la plupart du temps nous avons gagné en appel", a expliqué Me Olivier Pardo, cité par l'AFP, et parce que le tribunal a "dénaturé la poursuite" en déclarant que les paroles d'Éric Zemmour "portaient atteinte aux immigrés" alors qu'elles ciblaient les migrants mineurs isolés.

Éric Zemmour, crédité dans les sondages de 12% à 13% des intentions de vote à la présidentielle au premier tour, a déjà été condamné deux fois pour provocation à la haine. Jeudi, il sera de nouveau amené à comparaître devant la justice. Cette fois, il sera jugé pour contestation de crime contre l'humanité après avoir affirmé que le maréchal Pétain avait "sauvé" les juifs français pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

More articles